CHAPITRE XXVIII
à son devoir dans cette cause commune, se rendit à Ratisbonne avec le bourgmestre de Bâle, Jean de Barenfels. 1 II profita de son séjour à la cour pour obtenir une charte impériale en faveur de son évêché. L’empereur par cet acte du 31 juillet 1471, accorde à l’évêque Jean de Venningen et à ses successeurs la grâce et franchise portant que tout droit et devoir de combourgeoisie avec des états étrangers, de la part des sujets de l’évêché de Bâle, serait nul et de nul effet tant pour le passé que pour l’avenir, et que personne ne pourra troubler ou entraver le dit évêché dans ses droits spirituels et temporels ; que quiconque aura des prétentions à former contre des sujets de l’évêché de Bâle soit à leurs corps, honneurs ou biens, devra les attaquer devant les tribunaux ecclésiastiques ou civils de cet évêché, suivant la compétence des cas, excepté les affaires féodales. 2 Par une autre ordonnance de la même date, Frédéric III défend de lever aucune taxe, ni aucun droit de péage sur les marchands de comestibles ou d’autres objets qui parcourent les routes de l’évêché. 3 Enfin l’empereur accorde à la ville de Bâle deux foires de quinze jours, l’une avant la Pentecôte, l’autre avant la S. Martin.4
Deux ans après la diète de Ratisbonne, Frédéric III céda aux instances que lui faisaient l’évêque et les nobles Bâlois et vint visiter la ville de Bâle. Il s’était rendu dans le Brisgau pour conférer avec le comte palatin. De là il se dirigea vers Bâle. Il était accompagné de son fils Maximilien, de l’archevêque électeur de Mayence, Adolphe, de l’évêque d’Eichstâdt, des ducs de Bavière, Albert et Louis, d’un frère du sultan Mahomet II, d’un légat du souverain pontife et d’un ambassadeur de Charles le Téméraire; l’escorte impériale se composait de six cents cavaliers. L’évêque de Bâle, accompagné de l’archevêque de Besançon, Charles de Neuchâtel, qui était arrivé la veille, se rendit avec tout le clergé et le peuple, au devant de l’empereur jusqu’au delà de la porte du Petit-Bâle. On portait en procession les croix, les chandeliers et les reliques et l’on avait déployé les plus riches ornements. C’était le 3 septembre à sept heures du soir, l’empereur et sa suite se rendirent d’abord avec le clergé jusqu’à la cathédrale où l’on chanta le Te Deum; l’évêque de Bâle récita les oraisons convenables, puis il conduisit le monarque dans son palais épiscopal. Le lendemain les Bâlois se présentèrent à l’empereur pour lui offrir leurs présents ; mille écus d’or dans un bassin du même métal, cent sacs d’avoine et quinze tonneaux de vin. On offrit à son fils Maximilien cinq cents écus d’or dans une coupe d’argent, cinquante sacs d’avoine et cinq tonneaux de vin. Frédéric III resta six jours l’hôte de l’évêque et de la ville de Bâle. 5 On servit à l’empereur et à toute sa suite un repas auquel prit part également le conseil de Bâle, sous un immense chêne du bois de Saint-Pierre, près de la ville. Cet arbre gigantesque soutenu par des colonnes couvrait de son ombre un circonférence qui mesurait cent douze pas. Cette année (1473) était exceptionnellement chaude; on avait fait la moisson en juin et la vendange au mois d’août. En octobre les arbres reverdirent comme au printemps. 6
Frédéric III voulut exiger, pendant son séjour à Bâle, prestation d’hommage. Mais les Bâlois lui répondirent qu’ils n’avaient jamais prêté serment de fidélité à
1 Sudan, Basilea sacra, p. 331. = 2 Donné à Ratisbonne. Aux archives de l’ancien évêché de
Bâle. = 3 Trouillat et Vautrey, t, V. p. 850. = 4 P. Voisard, Histoire des évêques de Bâle, p. 232. —
N. Gerung, Ghron. ep. Basil. — Th. von Liebenau, p. 8. = 6 Basilea sacra, p. 333. — Gæremoniale
Basil, ep., voir Trouillat et Vautrey, t. V. p. 515, = 6 Urst., Epit. hist. Basil., p. 157.