L'ÉVÈCHÉ DE BALE ET LES GUERRES DE BOURGOGNE
l’empereur, mais seulement à l’évêque de Bâle. 1 L’empereur n’insista point. Le 9 septembre, il quitta Bâle très satisfait de la réception qui lui avait été faite. Au retour, Pierre de Hagenbach et le duc Charles lui-même l’accompagnèrent avec une escorte de cavaliers. Le duc saisit cette occasion pour proposer à l’empereur le mariage de sa fille Marie, héritière de la Bourgogne, avec l’archiduc Maximilien ; il demandait encore d’être créé roi de Bourgogne et vicaire de l’empire. Frédéric III qui connaissait le caractère ambitieux du duc, pensa qu'il voulait par ce mariage se frayer un chemin pour parvenir à l’empire. Aussi, sans donner de réponse, il s’embarqua secrètement à l'insu du duc à qui il ne fit pas ses adieux. Très irrité de ces procédés, Charles le Téméraire réunit aussitôt cinq mille cavaliers et se rendit dans son duché de Bourgogne, puis il vint visiter l’Alsace et les domaines
Sceau de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.
Cachet d'or conservé aux archives de Lucerne.
que l’empereur lui avait engagés. A Brisach il reçut les députés des évêques de Spire et de Bâle qui venaient lui apporter les hommages de leurs seigneurs. Peu de jours après, il se rendit à Montbéliard (3 janvier 1474), puis à Besançon et délivra Bâle et ses environs de la crainte qu’inspirait sa présence dans le voisinage de l’évêché. Son bailli en Alsace, le chevalier Pierre de Hagenbach, s’était rendu odieux par sa cruauté. Sur les plaintes de ses anciens sujets, l’archiduc Sigismond parvint à former une ligue défensive où entrèrent les Suisses, les évêques de Strasbourg et de Bâle et les villes de Colmar et de Schlestadt (25 mars 1474). Un traité d'alliance, négocié en Suisse par les ambassadeurs de Louis XI, roi de France, (20 janvier 1474), portait que s’il s’élevait quelque difficulté entre le duc et les cantons, elle serait soumise à l’arbitrage des évêques de Bâle et de Constance et de leurs villes épiscopales.
Une fois la ligue formée, l’archiduc Sigismond fit savoir au duc de Bourgogne par un héraut d’armes qu'il était disposé à lui rembourser les huit mille florins
1 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 854.