‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 258 sur 612 · LA PAIX DE RYSWIGK · texte numérisé non relu

LA PAIX DE RYSWIGK

aux pieds l’envie, l’impiété, l’hérésie, le carnage, etc. A l’approche des députés, le génie de Porrentruy s’avança vers eux et leur adressa une pièce de vers français qui vantait le bonheur de l’alliance projetée.

Enfin à l’entrée du château, l’arc de triomphe représentait un amphithéâtre, au sommet duquel brillaient les armes des sept cantons. Six trompettes faisaient retentir de leurs accords bruyants la ville et le château. Sur les degrés de l’amphithéâtre apparaissaient tous les royaumes, provinces, duchés, cités, alliés aux cantons suisses. Près de l’arc de triomphe était une compagnie d’élèves du collège, sous les armes ; celui qui représentait la Rauracie fit en vers allemands un compliment qui reçut le meilleur accueil.

Le lendemain de leur réception, les députés suisses avec toute la cour assistèrent à une représentation donnée au théâtre du collège, en leur honneur. Le sujet, tout de circonstance, était l’amitié de Pylade et d’Oreste. Les décors étaient somptueux. Tantôt on voyait un palais de marbre de Paros, tantôt la salle royale, décorée des tentures les plus riches, puis des jardins, des bois, la cour entière; enfin, et pour conclure, la ville de Porrentruy apparaissait avec tous ses édifices. Le spectacle dura cinq heures.

La cérémonie religieuse eut lieu le lendemain, dans l’église du collège, avec une très grande pompe. Tous les chanoines de Bâle, les grands officiers de l’évêché, les gouverneurs des bailliages, la noblesse, une foule immense se pressaient dans l’enceinte sacrée. Le prince officia pontificalement, puis le traité fut solennellement juré par l’évêque et les députés. Le Te Deurn auquel se joignaient les décharges de l’artillerie de la ville et du château, les fanfares des musiques militaires, et les carillons des cloches, couronna la cérémonie. 1

Pendant que le prince de Rinck scellait une étroite alliance avec les cantons catholiques, la paix entre la France et l'Allemagne se négociait à Ryswick. L’évêque de Bâle y fit porter ses réclamations au. sujet du comté de Ferrette et du château de Rappolstein qui étaient fiefs de l’évêché. Un mémoire, imprimé à Porrentruy en 1692, appuyait de preuves justificatives les justes prétentions et les droits séculaires de l’évêque de Bâle. Lésé dans la possession de ses fiefs, qui étaient de temps immémorial dans le domaine de l’évêché, le prince de Roggenbach avait en vain porté ses plaintes à la diète de R.atisbonne en 1663. Les conférences de Ryswick fournirent au prince de Rinck l’occasion de renouveler ces doléances. Les Etats de l’évêché, réunis à Porrentruy le 13 novembre 1696, votèrent 30,000 florins pour faire face aux dépenses que nécessiterait l’envoi „de quelque personne dans le lieu qui sera choisi pour conclure le traité de paix et pour pourvoir par ce moyen au besoin et nécessité de l’État", L’évêque de Bâle, prouvant, pièces en mains, que le comté de Ferrette lui appartenait à titre de fief et que toujours et en particulier de 1368 à 1624, les archiducs d’Autriche avaient prêté serment de fidélité à ses prédécesseurs les évêques de Bâle, comme à leurs légitimes suzerains, réclamait la restitution de ce fief qui était injustement entre les mains du duc de Mazarin, comme aussi la propriété du château de Rappolstein possédé alors par le prince de Bürckenfeld. Les réclamations au sujet de Ferrette demeurèrent inutiles et le traité de Pryswick, conclu en 1697, assura à la France Strasbourg et l’Alsace, à l’empire Fribourg, Brisach et Philippsbourg, sans rendre à l’évêque

1 Annales du collège de Porrentruy. — Archives de l’ancien évêché de Bâle. Évêques de Bâle *

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