‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 265 sur 612 · DIFFICULTES SOULEVEES PAR BERNE · texte numérisé non relu

DIFFICULTES SOULEVEES PAR BERNE

parmi eux les saints et les savants; il n’est, point de bontés qu’il ne témoigne à ces gens-là. Il en use de même avec tous ses prêtres ; il fait sentir partout qu’il n’aime et qu’il n’estime que la vertu et la science." 1

On conviendra que le portrait du P. Dunod ne ressemble en rien à celui que la Révolution nous a laissé du prince de Reinach. Le jésuite parlait en témoin oculaire, et quand il imprimait sa lettre à l’Abbé de Bellelay, il savait qu’il ne recevrait pas de démenti, et qu’il avait dit vrai. Les faits qui marquent le règne de Jean Conrad viennent à l’appui des pages si intéressantes que nous venons de citer et qui devaient trouver place dans cette histoire.

La prestation du serment de fidélité que tous les sujets devaient à leur prince, après son élection, se fit sans difficulté en Ajoie et dans la Vallée-. A Delémont, Jean Conrad fut reçu le 9 novembre 1705, aux acclamations de tous les habitants: les bourgeois lui présentèrent les clefs de la ville, le secrétaire lui fit une harangue et lui offrit au nom de la cité un vase en argent dont la coupe était soutenue par un sauvage portant les armes de Delémont; le couvercle était couronné d’un lion

Médaille de l’évêque Jean Conrad de Reinach.

tenant les armes du prince. La bourgeoisie sous les armes escorta le prélat jusqu’au château, où le serment fut prêté solennellement par la ville et toutes les communes de la Vallée. 2 La même cérémonie eut lieu à Porrentruy le lendemain, dans les formes usitées de temps immémorial. Jean Conrad confirma de nouveau les franchises de la ville, comme le faisait chaque évêque à son entrée à Porrentruy (16 novembre 1705). Moutier voulait réserver sa combourgeoisie avec Berne. Le prince savait que cette alliance d’une partie de ses sujets avec un État puissant et hostile aux catholiques était une entrave à l’administration régulière de ce pays et encourageait l’insubordination ; le ton avec lequel lebandelier Visard, deCrémines exprimait ses prétentions, au nom des Prévôtais, lui parut insultant à sa dignité et à ses droits; il refusa le serment offert à ces conditions et révoqua de son emploi le bandelier qui en appela à Berne. Berne envoya aussitôt 7500 soldats sur les frontières pour réclamer la reconnaissance de sa combourgeoisie et défendre Visard : un corps de 4000 hommes devait au besoin appuyer le premier détachement. Devant la force, le prince dut céder. Une conférence s’ouvrit à Nidau en 1706 (30 mars); on convint que tout serait remis sur l’ancien pied et que la combourgeoisie serait reconnue et réservée à chaque prestation d’hommage, mais que cependant le bandelier, rétabli dans sa charge, irait faire des excuses au prince

1 Biographie universelle, t. XII. p. 10 et suiv. = 2 Archives de Delémont. Registres du conseil.

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