‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 274 sur 612 · PRECAUTIONS CONTRE LA PESTE · texte numérisé non relu

PRECAUTIONS CONTRE LA PESTE

Le prince commença par faire écrire le 19 août 1720 à tous ses châtelains et officiers; il leur était sérieusement ordonné d’incessamment établir des gardes et sentinelles dans tous les villages et sur les grands chemins. Cette lettre fut suivie d’un mandement du 1er septembre 1720, contenant plus au long et en douze articles les mesures et précautions à prendre. Ce document fut envoyé à tous les châtelains et lu dans chaque communauté et ensuite affiché sur les grands chemins à des poteaux et autres lieux ordinaires.

On fit ensuite imprimer plusieurs mille passeports ou billets de santé allemands et français pour ceux qui étaient obligés de faire quelque voyage.

Le 14 septembre, le prince de Reinach établit une commission de santé composée de ses officiers et de quelques membres du magistrat de la ville au nombre de douze. Elle devait se réunir toutes les semaines une fois le mercredi, à la maison-de-ville. — La commission se réunit pour la première fois le 14 septembre. On commença par rechercher M. le curé de vouloir bien instituer des prières, pour que le Seigneur nous veuille bien préserver de ce fléau. Il y eut aussi des prières pendant lesquelles le Vénérable (le Saint-Sacrement) était exposé et à la fin on donnait la bénédiction. En la suite du temps, il y eut un ordre adressé à tous les curés de l’évêché de Bâle, dans lequel il leur était ordonné qu’elles prières ils devaient faire dans leurs paroisses. Le grand-vicaire de Besançon en fit autant â l’égard des curés de l’archevêché de Besançon.

Il y eut aussi un jour de prières au château pendant lequel le Vénérable fut exposé. Son Altesse accorda quarante jours d’indulgence. On assigna aux officiers de Son Altesse et à ses domestiques les heures pour assister â cette dévotion qui fut finie par la bénédiction qui se donna à 5 heures.

Dans cette même assemblée, on fit une ordonnance qui fut affichée à la table noire, pour que tous et un chacun tiennent les rues propres et nettes, â peine de vingt sols d’amende.

MM. le capitaine de Staal et le lieutenant Belleney furent choisis pour faire la visite dans le pays, particulièrement sur les frontières, voir si les gardes se font exactement, si les sentiers sont barrés. L’on jugea nécessaire qu’il y eût aux deux principales portes de la ville quelqu’un du magistrat. Ce qui arriva ainsi, chacun y avait été à son tour.

Le 18 septembre, il fut dit qu’on écrirait à M. le lieutenant Billieux de Saint- Ursanne pour qu’il donne les ordres pour que l’on fasse bonne garde sur les ponts de Soubey et Ocourt et que l’on y construise des barrières qui se ferment de nuit et qu'on serrera toutes les barques qui sont sur le Doubs, en deçà qui seront attachées avec des cadenas. Il fut aussi convenu où et comment l’on devait parfumer les lettres. On commit deux personnes pour aller à la foire de Grandfontaine avec instruction nécessaire.

Le 25, on a répondu à la lettre des magistrats de santé de la ville de Lyon qu’on ne pouvait point se relâcher des précautions qu’on avait prises.

Le 2 octobre, on fit une ordonnance à raison des fontaines de la ville; défense de rien laver de sale, ni faire aucune vilenie â peine de vingt sols d’amende. Le 10 octobre, la Savoie fut mise au ban; on le fit savoir dans toutes les terres de Son Altesse.

Le 29 octobre, on ordonna aux officiers dans les villages de commander des gens capables pour faire les gardes, qu'il y ait toujours fusil, épée -et hallebarde

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