‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 281 sur 612 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Menant de front avec le même succès les affaires spirituelles et temporelles de ses Etats, le prince de Reinach reprit, vers ce même temps, la fonte de la monnaie dont le besoin se faisait de plus en plus sentir, et qui avait été abandonnée par ses prédécesseurs. On croit que c’est dans le bâtiment qui porte encore aujourd’hui le nom de fonderie , et qui appartient encore à la ville, que furent frappées les monnaies de l’évêché. Un coin que nous possédons et qui a servi à frapper les gros écus porte le millésime de 1716. II montre l’aigle impériale à deux têtes

portant les armes du prince de Ruinach écartelées avec celles de l’évêché avec ces mots EPIS. RASILEENSIS S. R. I. PRINC.

L’ordonnance du prince Jean-Conrad qui prescrit d’apporter à sa monnaie le vieux argent ou cuivre est du 7 janvier 1717. Ce fut un Rraun de Lucerne qui frappa les premières pièces. La fabrication en fut considérable. On fit des pièces de 5 batz, de 3 batz, de 1 V2 batz et de l batz, 5 rappes, 3 rappes, V 2 batz, 5 sols, piécettes; des demi-quarts d’écus et kreutzer. Sur les pièces de 5 batz en argent, on voyait d’un côté l’effigie du prince Jean-Conrad avec ces mots: JOANNES CONRADUS D. C. et de l’autre, l’aigle impériale avec: EPIS. EASIL. S. Pc. I. PRINC., avec la date et au milieu de l’aigle le chiffre indiquant la valeur de la pièce. Les batzen, au lieu de la figure du prince, ont seulement ses armes, écartelées

de celles de l’évêché ; les V2 batzen de 1 7 1 7 ont d’un côté S. Ursanne tenant de la droite une église, de la gauche le lys, au revers, l’aigle impériale avec ces mots : J. C. EP. BAS. MON. NOYA. 1717.

La monnaie de l’évêque de Bâle était de si bon aloi qu’elle se répandit bientôt dans toute la France. On en fit des envois considérables à Paris où elle était encore en circulation sous le premier empire. 1 L’orfèvre Münck, puis M. Joseph Hedlinger, de Schwytz, furent successivement chargés de la fonte des monnaies de l’évêché, de 1717 à 1733.

Jean Conrad avait encore d’autres desseins. Ce prince aimait les lettres, les sciences et les arts. Il avait un cabinet de médailles choisies; il achetait des livres rares, il appelait à sa cour les savants et il avait un goût prononcé poulies doctes entretiens. 2 11 fonda en 1716, dans son château de Porrentruy, une

Monnaie de Jean Conrad, Pièce d’un batz.

Monnaie de Jean Conrad.

Quart d’écu.

1 Note de M. Verneur de Porrentruy sur la monnaie de l’évêché de Bâle. = 2 Le 3 octobre 1708 le prince de Reinach eut, la visite de deux bénédictins de France, Doin Edmond Martène et Dom Ursin Durand qui en parlent dans leur „ Voyage littéraire" (Paris, 1727, 2 in-4°, p. 141) en ces termes: „La

ville de Polent.ru (sic), lieu ordinaire de la résidence de l’évêque de Basle, n’étant qu'à deux lieues de Lucelle, nous crûmes que nous devions y aller pour saluer le prince et tâcher par son moyen d’avoir quelques mémoires de son église. Lorsque nous y arrivâmes, il était à la chasse aux alouettes, à laquelle ii se plaît. Nous fûmes le trouver au lieu de son divertissement et nous lui vîmes prendre quelques alouettes en notre présence. 11 nous reçut fort favorablement, mais il nous dit qu’il serait tort en peine

Page 1