RECONSTRUCTION DU CHATEAU DE DELEMONT
académie qui avait ses séances toutes les semaines sous sa présidence. On y discutait tous les problèmes dignes d’intérêt : histoire sacrée et profane, droit civil et ecclésiastique, théologie, Écriture sainte, histoire de la Rauracie et de l’évêché de Bâle, tout cela occupait les membres de cette docte compagnie, qui compta bientôt dans son sein des prêtres et des laïques en très grand nombre.* 1
Le château de Porrentruy, qui était la résidence du prince-évêque de Bâle, avait gardé toutes les difformités que lui avaient apportées les reconstructions, les adjonctions hâtées, les caprices et les besoins des siècles. C’était une maison forte, abritée derrière des tours et des remparts solides, mais ce n’était pas un palais, et la cour d’un prince avait peine à se déployer dans cet étroit espace. Jean Conrad résolut de bâtir à Delémont une demeure digne de son rang et de la ville où il voulait fixer sa seconde résidence. Jusque-là, la Cour de sou Altesse, comme on appelait le château de Delémont, se composait d’une grosse et lourde maison où le receveur du prince logeait les redevances en nature qui étaient apportées des villages de la Vallée. Il y avait entre l’église et la cour, une petite chapelle dédiée à S. Henri, puis du côté du sud, les murailles de la ville avec la galerie couverte qui portait les sentinelles et devant les murailles un chemin de ronde qui conduisait à la porte Monsieur. Entre la ville et les murailles, une vaste cour où se prêtait le serment à son Altesse. Tout cela vieux, délabré, sans aspect, sans ombre d’architecture. Le prince décida qu’à la place de cette misérable résidence, on bâtirait un château assez grand pour sa cour, assez beau pour faire honneur à la ville et au prince, assez solide pour durer des siècles. L’architecte fut un nommé Racine de Renan. Il fit un plan qui réunissait à la sévérité exigée par un prince ecclésiastique, l’élégance et la beauté résultant de grandes et fortes lignes architecturales.
Les travaux furent commencés en 1716. Il fallut d’abord fixer les corvées et les fournitures du bois et des pierres. 2 La ville qui avait d’immenses forêts dut, selon le droit acquis au prince par les rôles du pays, fournir les deux tiers des bois nécessaires à la construction.
Le 25 février 171 7, on établit cinq fours à chaux. Le tuilier Stouder se charge de fournir quatre bennes pour 1 0 deniers par pénal. Le I 7 mars, la ville consent à supporter la moitié des frais nécessaires à la reconstruction du mur d’enceinte que le prince va faire à nouveau et qui formera les assises du nouveau château. Le 14 mai, les vieilles murailles sont à terre et la ville met trois hommes à la garde de la cour de son Altesse.
Le 3 et le 4 septembre, on abat à la Peute-Gôte et à Mettemberg les bois nécessaires pour le château. Racine demande 60 chênes ei 200 sapins. Le 7 octobre, les nouvelles murailles remplaçant le vieux mur d’enceinte sont ache-
de nous communiquer quelque chose digne de nos recherches. Néanmoins, il nous renvoya à son grand vicaire et celui-ci aux R. P. Jésuites qui nous reçurent bien, mais qui, en l’absence du père recteur, ne purent nous donner aucune lumière. “ Nous pensons qu’il s’agit de la chasse aux mésangers.
1 Ann. coll. Brurit., ad 1716. Le P. Dunod, dans ses lettres à M. l’Abbé de B . . . parle de cette
» académie de savants et de curieux qui s’assemblent au château de l’évêque de Baie. Comme il est savant, dit-il, et qu’il a étudié longtemps à Rome où il a fait sa théologie, son plaisir est d’entendre parler de science, aussi bien que de piété, surtout de l’histoire de l’Église et des Conciles. 11 aime encore les médailles et l'antiquité. “ = 2 Voir les protocoles des résolutions du conseil de Delémont, aux archives de la ville, années 1716. 3 octobre, 17 novembre; 1717, 25 février, 17 mars, 14 mai, 20 août, 16 septembre, 1 octobre; 1718, 16 mai. 20 octobre; 1719. 30 janvier, 20 avril, 22 novembre; 1720. 10 et 14 juin, 9 octobre; 1721, 18 mai, 26 août.