CHAPITRE XXXV
tour (14 août 1731), mais toute tentative de conciliation fut inutile. La révolte était à l’ordre du jour.
Il ne restait plus au prince que le recours à l’empereur et aux tribunaux de l’empire. Il fallait aussi faire révoquer au plus tôt la commission du comte de Reichenstein, dont la présence dans l’évêché excitait les rebelles. Jean Conrad se décida à envoyer à Vienne son propre frère, le coadjuteur, avec son ministre de Ramschwag et deux autres officiers de sa cour; ils devaient plaider sa cause auprès de Charles VI et obtenir de l’empereur la répression des désordres.
Partis le 21 août 1731, les députés obtinrent d’abord la révocation de la commission impériale : le comte reçut, le 27 novembre, ordre de „ se rendre aussitôt dans le poste de son ambassade, de ne se plus mêler ni directement, ni indirec-
Le château de Miécourt après l’incendie.
tement des affaires de l’évêché de Bâle, de quitter Rlieinfeld, ville peu éloignée de Porrentruy pour aller habiter Bade, avec injonction formelle de n’en plus sortir". C’était une disgrâce complète.
En même temps, l’empereur adressait aux États un mandat daté du 1 6 novembre 1731, „ portant ordre aux sujets de l’évêque de Bâle de rendre à celui-ci le respect et l’obéissance due, de s’abstenir de tout soulèvement, opiniâtreté et refus de deniers publics. S’ils se croient fondés dans les griefs contre leur évêque et prince, il les laisse libres de s’adresser aux tribunaux suprêmes de l’empire".
La révocation du comte de Reichenstein causa un mécontentement général qui se traduisit d’abord par une recrudescence de révolte et d’insoumission. Les lettres exhortatoires de l’empereur furent reçues dans beaucoup de villages avec un mépris affecté. A Charmoille, à Miécourt, à Vendelincourt, à Bure, le notaire qui parcourait les communes pour faire lecture du mandat de Charles VI fut insulté et la patente impériale déchirée et foulée aux pieds (16 décembre 1731). A Porrentruy, la fête même de l’empereur fut l’occasion des manifestations les plus hostiles au prince. Le 4 décembre, jour de S. Charles, il y eut, par ordre du comte, office solennel à l’église du collège; l’évêque de Bâle y assista avec toute sa cour: c’était
LA REVOLTE DANS L AJOIE