‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 325 sur 612 · ARRESTATION DES CHEFS · texte numérisé non relu

ARRESTATION DES CHEFS

mais bientôt on put réunir à peu près tout le détachement, en construisant dans la cour du collège des cuisines, des fours, des écuries. „Nous avons fait de notre gymnase et du séminaire deux belles casernes, écrivait le chancelier Decker à M. de Marianne à Soleure; dans l’une des casernes, il y a deux cents grenadiers, et dans l'autre deux cents dragons à pied ; nous sommes occupés à bâtir comme si les Français voulaient s’y établir pour toujours." (2 mai.)

On peut facilement se représenter la stupeur qui envahit l’Ajoie lorsque la grande voix du canon qui annonçait l’arrivée des Français retentit du haut du donjon du château. Devant ce détachement d’une armée que ses victoires avaient rendue célèbre, toute résistance était impossible. Une prompte soumission pouvait seule épargner à l’Ajoie les frais ruineux d’une occupation prolongée.

A peine installés dans leurs quartiers, les soldats furent bientôt dirigés vers les villages les plus récalcitrants, pour s’y emparer des rebelles signalés comme les meneurs del’Ajoie. „Le vendredi, 29 avril, à deux heures du matin (c’est toujours M. Decker qui écrit à M. de Marianne), M. de Fervile fut commandé avec un détachement de cinquante grenadiers, cinquante dragons à pied et trente à cheval, pour enlever quatre des plus mutins de Bure, d’où ils furent de retour à six heures, amenant leur capture. A huit heures du même matin, on mit aux arrêts Étienne Bruat, frère du fugitif, qui s’était chargé des affaires des mutins depuis le départ de son frère. Le même jour, à deux heures après dîner, un détachement composé comme le premier, commandé par M. de Boyer, partit pour Courgenay et Cornol avec ordre d’enlever dans les deux maisons de Petitgnat les armes et papiers, et cela fut fait et le détachement de retour à six heures du soir ..."

Tandis que le prince faisait fouiller la demeure du chef des commis, les pauvres députés ajoulots poursuivaient leur chemin, sans se douter du sort qui les attendait: le bruit de l’arrivée des Français n’avait pas encore traversé la montagne.

Mais dès le 26 avril, le châtelain de Delémont avait donné ses ordres pour l’arrestation des commis: on les attendait à Tavanne, où l’on savait qu’ils devaient passer. Jean Varé, en approchant du village, eut la malheureuse idée d’entrer dans le cabaret du maire pour s’y reposer un instant. Aussitôt il est arrêté, garrotté étroitement et mis au secret. Ses compagnons de route, plus prudents que lui, avaient poursuivi leur chemin. - — Averti de cette arrestation importante, le châtelain de Rinck envoie de suite le vouëble de Delémont avec ordre au maire de la haute paroisse de fournir une escorte suffisante pour conduire le prisonnier

Casque de capitaine de Dragons.

Ordonnance française.

les dragons à cheval. Nous eûmes M. de Mignay, lieutenant, à la place de M. Dudod, mais M. de Mignay ayant été fait capitaine le 15 juin, M. Principe vint le remplacer. Il a un valet nommé Nicolas. Nous avons encore donné un lit sur les Halles pour deux cavaliers. Le 2 janvier 1741, les soldats s’en sont allés 80, savoir 20 du régiment de Bresse, 20 du régiment de Languedoc, 20 du régiment de Nice, et 20 du régiment de Pèlerin et fi officiers. “ (Piemarques de G. J. Daucouse.)

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