‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 329 sur 612 · LE PROCES DES PRISONNIERS · texte numérisé non relu

LE PROCES DES PRISONNIERS

et. punir les délinquants suivant la teneur des lois en usage dans tout l’empire. Le 23 mai, Sigismond choisit les juges chargés d’informer contre les fauteurs des troubles et de prononcer sentence: c’était le baron de Roggenbach, président; le baron de Buchenberg, le conseiller intime baron de Landsée, le conseiller aulique de Gléresse, le bailli de Pfaffstal Glavé, l’avocat Billieux, actuaire; M. Humbert remplissait les fonctions de procureur général.

Le tribunal tint sa première séance le 25 mai: Pequignat fut d’abord l’objet de ses préoccupations: c’était le chef avoué de la révolte, ses aveux étaient de la plus haute importance. Le vieux commis parut devant ses juges avec la fierté qui faisait le fond de son caractère : il ne nia point d’avoir pris part aux troubles et d’avoir dirigé le mouvement populaire pendant les dix années qui venaient de s’écouler: il croyait soutenir les droits de l'Ajoie et rendre à son pays le plus grand des services. L’interrogatoire du prévenu se poursuivit pendant les cinq mois que dura l’instruction du procès: chaque fois que les besoins de la cause le demandaient, il paraissait de nouveau devant ses juges. D’abord interrogé seul, il fut bientôt confronté avec de nombreux témoins qui l’accusaient ouvertement d’être l’auteur des malheurs du pays; d’autres fois c’étaient ses compagnons de captivité, les commis ou les députés incarcérés, qui paraissaient avec lui devant le tribunal, et alors on entendait souvent ses amis d’hier le charger, eux aussi, de les avoir entraînés dans leur perte. Jean Pierre Riat, le commis de Chevenez; Jean Vallat., commis de Bure; Jean Varé, député de Courgenay; Étienne Joseph Bruat., de Porrentruy; Laurent et Jean Pierre Pequignat, fils du chef des commis; Germain Corbat, de Bure; Jeannat Simonin, de Court emautruy; Joseph Laissue, député de Courgenay; Pierre Vuillaume, du même village, et plusieurs autres, parurent successivement devant le tribunal el durent, en attendant le jugement, rester incarcérés au château, tandis qu’on se saisissait de leurs biens. Tous leurs meubles étaient tranportés à Porrentruy et mis sous le séquestre. On arrêtait à Hanspach, par ordre du bailli d’Altkircb, M. Neef, quarante- cinq mesures de vin que Pequignat avait achetées en Alsace et qui allaient être dirigées sur Courgenay. En même temps, les deux maîtres-bourgeois de Porrentruy, Pierre François Ghoulat et Jean Jacques Liechtlé, recevaient l’ordre de se rendre au château pour y être emprisonnés comme accusés de rébellion envers le prince: aussitôt, sous la conduite du lieutenant Béguelin, ils s’acheminaient sans mot dire vers la prison, où ils étaient enfermés le lundi 27 juin, à 1 1 heures et demie, avant dîner. 1 Bientôt après, Jean Conrad Jacques Wicka el Jean François Marchand, maître-bourgeois de Delémont; Jacques Ignace Beurret, Guillaume Joseph Docourt, Jean Germain Ignace Simon et plusieurs autres bourgeois de Porrentruy et. de Delémont furent arrêtés à leur tour et conduits dans les prisons du château. Zwingen eut aussi ses premiers magistrats et quelques-uns de ses bourgeois les plus compromis incarcérés à Porrentruy avec les autres détenus.

Le tribunal d’inquisition avait fort à faire pour recueillir les motifs d’accusation, entendre les témoins, faire les interrogatoires des prévenus et maintenir de l’ordre

1 Extrait du Protocollum judiciale in causa du procureur général Humbert, 27 juin. — Lp président de Roggenbach, descendu chez lui, a fait appeler les maîtres-bourgeois Ghoulat et Liechtlé ; il leur a intimé l’ordre d’arrestation ; lesdits maîtres-bourgeois se sont rendus en cour accompagnés du lieutenant Béguelin, à 1 1 heures et demie avant dîner, et conduits en chancellerie. Nicolas Türenherger, de la métairie d’Es-Tronehats, est chargé de les garder.

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