DIVERSES AUTRES PENALITES
prison perpétuelle, qui fut plus tard remplacée par les arrêts, que Choulat s’engagea à garder chez lui. — J. J. Liechtlé, autre maître-bourgeois de Porrentruy; J. G. Wicka, J. F. Marchand, de Delémont ; C. Lotz, Ét. F. Munier, J. P. Guédat, J. G. J. Willemin, conseillers au magistrat de Porrenlruy, et Bourquard Jeanriat, notaire, furent tous condamnés, pour avoir pris part aux troubles, les uns à l’exil, les autres à une amende. Des peines semblables furent prononcées contre cinq paysans des plus compromis du bailliage de Zwingen. Jean Tschâni, de Dittingen, convaincu d’avoir pris part aux troubles, fut condamné à avoir la tète tranchée; le prince commua sa peine en celle des galères, qu’il dut partager avec Urs Schnell et Jean Schweitzer, de Laufon (2 décembre 1740).
Le clergé lui-même ne put échapper aux condamnations infligées aux révoltés. Deux commissions furent établies, l’une au nom de l'archevêque de Besançon, l'autre de l'évêque de Bâle.* 1 — La première cita devant elle dix-huit prêtres relevant du diocèse de Besançon, auquel l’Ajoie presque tout entière appartenait. Parmi eux, les plus compromis furent les curés de Gourgenay et de Buix, tous deux portant les noms de Pierre Louis Plumey. Convaincus d’avoir été plus ou moins favorables au parti des rebelles, ils furent tous les deux privés de leur cure et interdits pendant quelques mois des fonctions sacrées. Parmi les autres prêtres cités devant la commission, on comptait les curés de Gornol, Fontenais, Courchavon, Chevenez, le vicaire de Damphreux ; les autres prévenus étaient de Porrentruy: ils furent tous mis en pénitence et condamnés à des amendes plus ou moins fortes (2 novembre 1740).
On ne doit pas être surpris de trouver quelques curés compromis dans cette malheureuse affaire. Pendant dix ans, les événements se pressèrent sous des aspects souvent si divers qu'il n'est pas étonnant que dans les villages où la révolte comptait la presque unanimité des habitants, certains curés se soient laissés surprendre et, dans certains cas, aient pris le parti de leurs paroissiens. Du reste, les faits reprochés dans la procédure aux ecclésiastiques inculpés sont peu graves: aussi les peines infligées furent-elles presque toutes très légères.
Pour le diocèse de Bàle, le prince, voulant paraître complètement désintéressé dans la question, obtint de Borne une commission extraordinaire qui, assistée de quelques dignitaires de l’évêché, procéda à l’enquête et prononça le jugement. 2 Le procès inquisitorial dura une année tout entière: la sentence définitive ne fut portée qu’en novembre 1741. L'Abbé de Bellelay, Sémon, son prieur Bennot, après une longue détention au château de Delémont, furent mis en pénitence et condamnés à tous les frais du procès et à une forte amende ; en outre, l’Abbé Sémon fut cassé de sa charge de président des États de l’évêché de Bàle3 (2 juin 1741). La commission avait trouvé que l’Abbé de Bellelay avait pris trop mollement la défense du prince devant les Etats: nous avons cependant donné, dans le cours de ce récit, des lettres de ce vénérable religieux qui rappelaient
Choulat ; je vous la demande donc avec empressement, soit par un pardon ou commutation de peine, qui ne puisse pas déshonorer une honnête famille . . . “
1 Le curé de Clerval, Pierre Joseph Bôurquin, doyen d’Ajoie, fut nommé président de la cour archiépiscopale, et le curé de Montécheroux, M. Blaise-Ni colas Bonnot, promoteur (7 et 12 juillet 1740). =
2 La commission établie par Borne se composait de l’auditeur de la nonciature de Lucerne, Vignoli, président, du grand-chanoine Léo, de M. Fendrich, chanoine de Benfeld. M. Barbançorî était promoteur, et M. Humbert, conseiller de Son Altesse, avec M. Goignat, chapelain de Saint-Ursanne, fiscal. = 3 Cette
charge de président des États ne fut rendue qu’au dernier Abbé de Bellelay.