‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 346 sur 612 · USINE DE BELLEFONTAINE · texte numérisé non relu

USINE DE BELLEFONTAINE

aux détracteurs de ces anciens souverains. .,11 n’est point de peuple policé sous le ciel, dit le digne prélat, en commençant cette ordonnance, qui n’ait de tout temps regardé comme défendu et digne de châtiment, la prodigalité et le mauvais usage que l’on fait des biens dont la providence a bien voulu partager l’homme, pour les besoins et nécessités indispensables de la vie. Car à quelque degré que puisse régner l’abondance dans un État, la mauvaise économie viendra toujours à bout de l’absorber à la longue, et ces excès ne peuvent tourner qu’au désavantage du public.

„L’on sait du reste dans quel état se trouvent aujourd’hui les bois et forêts dans notre évêché: le seul aspect peut nous en convaincre, et l’on ne se ressouvient tpie trop des désordres et des dégradations qui s’y sont faits, dans quelquesuns de nos bailliages, ^durant ces derniers troubles, désordres qui demeurent à jamais inexcusables.

Bellefontaine.

,,Nous savons trop ce que nous devons au public et ce que nous nous devons à nous-mêmes, pour ne pas porter toute notre attention à remédier à un mal aussi pernicieux à l'État que celui du dépeuplement des bois ..."

Le prince de Rinck joignait l’action aux paroles. Ce fut lui qui fit établir de ses deniers l’usine de Bellefontaine qui devait utiliser les forêts du voisinage et procurer à la principauté un acier de premier choix.

Déjà il y avait eu sur les bords du Doubs, au-dessous de Saint-Ursanne, des forges qui figurent dans les actes de nos archives en 1563. Un bourgeois de Porrentruy, Henri Guyer, construil un fourneau et une forge qu’il tient en fief emphytéotique du prince-évêque Melchior de Liecbtenfels : la lettre épiscopale est du 16 octobre 1564. La forge était près de Saint-Ursanne. En 1565, elle est occupée par un autre bourgeois de Porrentruy, Huglin Humbert; il devait payer à l’évêque de Bâle une redevance ou droit régalien de trois sols par quintal de fer forgé et fournir à la cour le fer dont elle aurait besoin à deux livres le quintal. A la mort du maître des forges Humbert, en I 584. l’établissement fut abandonné; il n’était qu’en bois et les fourneaux de simples creusets. Wurstisen, dans sa

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