‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 350 sur 612 · EMPLOI DES REVENUS DE L’HOPITAL · texte numérisé non relu

EMPLOI DES REVENUS DE L’HOPITAL

Les travaux préparatoires furent commencés en septembre 1760. Les bois nécessaires pour la nouvelle bâtisse devaient, suivant les anciens droits de la ville, être fournis par les villages contre le Lomont, à savoir Ghevenez, Bressaucourt, Villars, Fontenais, Courgenay, Gourtemautruy, Aile et Gornol. Les villages essayèrent de nier ce droit établi par des titres sérieux. Il y eut contestation et enfin jugement rendu parle prince le 16 mars 1761. „Les communes ci-dessus nommées devaient fournir hors de leurs forêts les bois nécessaires pour l’entretien et reconstruction des maison-de-ville et quatre portes, allées, tours et charpente du pont du Bourg; en outre le prince adjugeait aux bourgeois et habitants le bois d'affouage dans les dites forêts, à entendre le bois mort ou sec sur souche et gisant. “ 1

La charpente de l’hôtel-de- ville fut montée les 28, 29 et 30 septembre 1761 par le charpentier Baindy; la tourelle les 20 et 21 novembre; enfin le 2 décembre de la même année, les soldats de la garde de la ville prirent possession du corps de garde dans le nouveau bâtiment qui coûta à la commune 22,000 livres de Bâle, soit plus de 35,000 fr. de notre monnaie.

L’hôpital fut également reconstruit à cette époque. On sait que cet établissement était placé près de la porte de Saint-Germain, entre les fortifications de la ville qui en faisaient un séjour malsain et incommode. En 1750, une partie de l’hôpital s’écroula de vétusté ; le prince de Rinck fit savoir aux membres du conseil qu’il désirait la reconstruction de ce bâtiment. On chargea le conseiller Milliard de dresser un plan qui fut présenté à Son Altesse (9 juin 1 750). L’emplacement restait le même. Les choses traînèrent en longueur : on ne s’accordait pas sur le lieu où devait être reconstruit l’hôpital. En 1754, la ville céda le bâtiment appelé la fonderie pour y faire l’hôpital. Gette cession ne trancha pas le débat et en 1760, rien n’était encore décidé. On crut avancer l’affaire en s’adressant à l'archevêque de Besançon, de qui relevait au spirituel l’hôpital de Porrentruy. De concert avec le prince de Rinck, deux commissaires furent nommés pour résoudre toutes les questions ayant trait à l'hôpital. Le suffragant de Besançon, Mgr Claude Ignace de Franchet de Lan, évêque de Rosy, et l’official Gobel, qui fut plus tard évêque de Lydda, firent, dans le courant de juillet I 760, une enquête approfondie sur l’état de l'hôpital de Porrentruy. Après un examen sérieux, ils reconnurent que les revenus de cel établissement de charité montaient à la somme de 3626 livres 18 sols. La léproserie ou ladrerie avait un revenu de 52 livres dont jouissait l'église paroissiale. La commission appliqua ce revenu à l’hôpital qui si' trouva dès lors possesseur d'une rente annuelle estimée en argent de France de 7357 livres 16 sols 4 deniers. Les charges de la maison, consistant en fondations, messes et anniversaires, cens fonciers dus au prince, s’élevaient à 17 l livres 5 sols. Les commissaires répartirent les fondations sur chacun des jours de la semaine. Jusque-là les revenus de l'hôpital servaient à fournir des pensions ou prébendes aux pauvres bourgeois à faire des aumônes aux mendiants, et à payer les directeurs, médecins, secrétaire, receveur, recteur d'école, organiste, pâtres, bergers, sagesfemmes, chasse-coquins. La commission décide que désormais tous les biens et revenus de l'hôpital seront employés sans exception à l'entretien, subsistance et soulagement des pauvres malades et des pauvres vieillards de l’un et de l’autre sexe qui seront reçus à l’hôpital et logés dans des salles et appartements séparés.

1 Archives fie Porrentruv-

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