CHAPITRE XXXVI
à la réserve néanmoins de 75 livres de Bâle qui seront employées à apprendre des métiers aux jeunes gens des deux sexes. Parmi les pauvres malades ou vieillards, les bourgeois devaient avoir la préférence sur les habitants et ceux-ci sur les simples résidents qui devaient être aussi préférés aux étrangers. Messieurs du magistrat devaient nommer un aumônier qui aurait son logis et sa pension à l’hôpital et 100 livres de traitement. Jusqu’alors, les malades ne pouvaient trouver dans la maison que le service de gens à gage. Les commissaires épiscopaux résolurent de faire soigner et servir les pauvres malades et vieillards par des religieuses hospitalières telles qu’elles étaient établies dans les autres hôpitaux du diocèse par l’ ordonnance et règlement de Mgr Antoine Pierre de Grammont, archevêque de Besançon, du 19 avril 1697, et par celui de Mgr François Joseph de Grammont, du 30 mai 1701. Deux de ces religieuses devaient être attachées au service de l’hôpital, entretenues et habillées aux frais de la maison avec une ou deux sœurs domestiques au autres servantes.
Le bureau de direction de l’hôpital devait se composer du châtelain de Son Altesse, du curé, prévôt, maire, des trois maîtres bourgeois, du plus ancien lieutenant, du secrétaire de la ville, du receveur de l’hôpital, d’un prêtre bourgeois, et d’un séculier bourgeois de Porrentruy. La commission choisit l’emplacement du nouveau bâtiment tout près de l’ancien et chargea le géomètre Pierre François Paris de dresser les plans et devis convenables. 1 Mais après un nouvel examen, on se décida à accepter les offres de la ville qui consentait à céder à l’hôpital la Franche Courtine pour 4500 livres de Bâle, et à y faire passer l’eau de Fontenais pour l’usage de la maison. 2 C’était un bâtiment communal acheté en 1489 par la ville à Anastase de Tavanne, avantageusement situé au milieu de la principale rue de Porrentruy. L’affaire décidée, on se mit à l’œuvre sans retard. Une importante donation faite à l’hôpital par une dame Ghavé, née Willemenot, portait pour condition expresse que le nouveau bâtiment serait terminé trois ans au moins après la mort de la donatrice, qui avait trouvé ce moyen pour mettre l’accord entre toutes les parties. Or elle était morte le 16 septembre 1758. Il n’y avait plus de temps à perdre.
Durant le mois de janvier 1762, on démolit la courtine et le 5 mai 1762, on plaça la première pierre. Ce fut le curé Lambert qui bénit cette pierre qui fut placée à l’angle supérieur du côté de l’église des Ursulines.
Dans une cavité pratiquée dans cette pierre sacrée, on déposa les reliques qu'on avait trouvées dans l’ancien autel de l’hôpital: en outre on y joignit des reliques de S. Vérécond, martyr, avec un parchemin portant ces mots : „Ad majorent Del <lloriam,adpaupermn infirmora m levamen etpauperum seniormn sustentât ionem . u 2 Les constructions ne furent terminées qu’en 1765: elles coûtèrent 50,000 livres de Bâle, soit 100,000 fr. au moins de l’argent actuel. Le bâtiment et la chapelle furent bénits le 21 juin de celte année, sous le vocable de S. Joseph, par le curé Lambert qui y célébra la première messe. Les sœurs grises, comme on appelait alors les hospitalières de Sainte-Marthe, prirent en même temps possession de l’hôpital qui devait se transformer entre leurs mains. Durant la bâtisse, le cardinal de Ghoiseul, archevêque de Besançon, avait envoyé à l’hôpital de Pontarlier,
1 Archives de l’hôpital de Porrentruy. = 2 Résolution du conseil de ville du 29 avril, 6 juillet,
?, août 1 70t. — : : 3 Extrait du registre paroissial de Porrentruy.