MORT DU PRINCE GUILLAUME DE RINCK
Mlle Marie Ève Ostertag, fille d’un médecin de Porrentruy, âgée de vingt-cinq ans ; elle était née à Altkirch, le 1 3 avril 1738; Mlle Marie Anne Jannerat, de Saint-Ursanne, âgée de vingt-huit ans, et Marguerite Pêcheur de Girey (Haute-Saône), âgée de vingttrois ans, pour faire le noviciat des sœurs hospitalières de Sainte-Marthe. Elles prirent l’habit religieux dans cet hôpital le 14 juin 1763, et firent profession le 29 avril 1765, en présence de M. Ballanche, professeur de philosophie, qui venait d’être nommé curé de Porrentruy, à la place de M. Lambert. Les nouvelles sœurs arrivèrent à Porrentruy le 22 mai, un mercredi à sept heures du soir, accompagnées de M. Ballanche, du vicaire Chay, de M. Keller, receveur de l’hôpital, et de son frère. 1
Le prince de Rinck ne put assister à l’installation du nouvel hôpital. Sa santé avait été profondément ébranlée durant l’année 1761. En vain plusieurs médecins étrangers de Strasbourg, de Belfort, de Mulhouse, de Montbéliard et de Besançon lui avaient successivement prodigué leurs soins. Dans le courant de l’été, il entreprit un voyage en Bourgogne avec son frère, le grand prévôt du Chapitre de Bàle, et M. Godin, son médecin ordinaire ; on espérait que le changement d’air et de pays lui ferait du bien. Arrivé à Dole, chez les jésuites, le prince sentit ses forces faiblir ; aussitôt il reprit la route de ses États et arriva à Porrentruy le 2 septembre. Onze jours après, il expirait entre les bras du R. P. Riss, jésuite, son ami et son confesseur. „ C’était, écrit Nicol, le 13 septembre 1762, entre six et sept heures du soir, un lundi; après avoir régné autour de dix-neuf ans." Le prince Joseph Guillaume Rinck de Baldenstein était dans sa cinquante-huitième année. „I1 méritait à tous égards, dit le P. Voisard, de plus longs jours; il avait réuni dans son caractère les traits les plus brillants de grandeur, de sagesse et d’équité, avec tout ce que la religion a de plus solide et de plus éclatant. Sa mémoire est encore de nos jours (en 1781) en bénédiction dans tous le pays." 2
Un témoin oculaire, qui fut de garde aux obsèques du prince défunt, a laissé sur un feuillet détaché quelques détails intéressants que nous consignons dans ce récit: „Le 14 septembre, dit-il, nous fûmes mandés de nous rendre au château pour assister à la messe à neuf heures du matin et le 15 nous y fûmes derechef mandés pour assister lorsqu’on le transporta de devant la chambre à la chapelle d’en bas où il fut exposé jusqu’au 22. Le 17, nous fûmes derechef mandés au château; c’était le jour que les chanoines d’Arlesheim arrivèrent. Nous nous mîmes, à leur arrivée, en parade devant le poêle à manger, jusqu'ils furent tous descendus de voitures et nous nous retirâmes. Le 18, ayant été encore mandés au château, on fut à la messe. Après la messe, ces seigneurs donnèrent audience à l’antichambre, nous y entrâmes à la suite du Conseil, et ce fut M. le président de Ligertz qui fit le compliment et qui demanda la confirmation des emplois, ce qui fut accordé. Le 22, nous fûmes mandés de nous trouver à six heures trois quarts au château pour l’enterrement du défunt. On passa par la Preusse et on vint à l’église paroissiale. On tira une décharge de canon, en sortant du château. On en fit encore une à l’entrée de la grande église; où étant, on chanta un office et on reprit le corps pour le porter aux jésuites, où on fit son oraison funèbre en allemand. Ensuite on chanta deux grand’messes. Ce fut M. l’Abbé de Bellelay
1 Journal de Jean Jacques Nicol, cordonnier, bourgeois de Porrentruy, tenu de 1760 à 1790. =
2 Histoire des évêques de Bàle, p. 536.