CHAPITRE XXXVI
qui chanta la première, et M. l’abbé de Marbach la seconde. Ensuite de quoi, on enterra Son Altesse. Le deuil s’en retourna au château où nous l’accompagnâmes.
„Le 23 et 24, nous eûmes ordre de nous trouver à sept heures trois quarts au château pour accompagner les seigneurs aux jésuites, où l’on chanta, comme le jour précédent, deux grand’messes. Les Seigneurs demeurèrent ici jusqu’au 5 octobre. Ils partirent à six heures du matin. A leur départ on fit une décharge de canon. Ils laissèrent deux seigneurs du Haut Chapitre ici pour députés jusqu’à la veille de l’élection."
Ancien couvent des Ursulines,
servant aujourd’hui d'hôpital à Delémont. — A l’éxtrémité du bâtiment, la chapelle de S. Antoine, aujourd’hui du Sacré-Cœur.
Le cœur du prince de Rinck fut porté à Delémont et enseveli, suivant ses ordres, devant l’autel du couvent des Ursulines où sa pieuse mère s’était retirée, après la mort de son mari, qui lui-même avait reçu la sépulture dans le chœur de la même chapelle, ainsi que deux de ses enfants. La noble veuve survécut quatre ans à son fils le prince-évêque de Bâle; elle passa ses derniers jours en larmes devant ces chères dépouilles. Elle mourut le 5 janvier 1766 et fut à son tour enterrée dans le chœur de la chapelle où toute sa famille se trouvait réunie.1
A ces détails sur les obsèques du prince, Nicol ajoute: „On a sonné quinze jours après sa mort, et trois fois par jour, â cinq heures du matin, à midi et le
1 Lorsqu’on rendit au culte catholique la chapelle de l’hôpital en 1878, on découvrit, à la place marquée ci-dessus, le cœur du prince de Rinck, enfermé dans une urne en plomb avec cette inscription : Cor Joseph! Wilhelm! Episcopi Basileensis S. R. J. Vrincipis hic repositinn ann. MDCCLXII , XXII sept. On l’a replacé avec respect devant l’autel.