CHAPITRE XXIX
Les dernières volontés de Jean de Yenningen furent scrupuleusement exécutées. On trouve dans les archives de l’ancien évêché de Bâle de nombreuses quittances délivrées par les légataires. Les chartreux du Petit-Bâle (maison du Val Sainte- Marguerite) célébrèrent l’office funèbre pour lequel cinquante florins leur avaient été assignés (24 mars 1479). Le chapitre de Bâle reçut cent florins pour la fondation de l’anniversaire de Jean de Yenningen à la cathédrale (2 avril 1479). 1
Gaspard ze Rhein veilla avec une grande sollicitude à l’entière exécution des legs pieux de son vénérable prédécesseur. Ce devoir accompli, il s’empressa de s’assurer les villes de Porrentruy et de Saint-Ursanne, redevenues propriétés de l’évêché, en confirmant leurs franchises et en recevant le serment de fidélité de leurs habitants. La confirmation des libertés de Porrentruy est du 5 février 1479, un mois à peine après l’élection du nouvel évêque. 2 Auparavant, le 25 janvier 1479, Gaspard ze Rhein avait pris possession de Saint-Ursanne; il avait reçu en son château le serment de ses sujets de la ville et des Franches-Montagnes et leur avait confirmé tous leurs privilèges, droits et coutumes, comme ils les avaient reçus de ses prédécesseurs évêques de Bâle. 3
Cette même année le nouveau prévôt de Saint-Ursanne, „ noble, vénérable et circonspecte personne Messire Hartmann de Hallwyl", refusa en prenant possession de la prévôté, de prêter le serment accoutumé à la ville de Saint-Ursanne, qui de son côté ne voulut point lui jurer fidélité et obéissance. Gaspard ze Pvhein fut saisi de l’affaire. Il ordonna au prévôt de prêter d’abord serment, selon l’usage aux bourgeois de Saint-Ursanne. Ce qu’ayant appris, le prévôt, mettant sa main sur sa poitrine, prêta le serment de tenir, garder et maintenir aux dits bourgeois et habitants de Saint-Ursanne leurs bons droits, us et bonnes coutumes (22 août 1479). 4
Ce prévôt de Saint-Ursanne fut encore en 1481 prévôt du grand chapitre de Bâle. Nous le trouvons la même année, s’associant avec l’évêque et les chanoines de la cathédrale pour fonder un service solennel à chaque mercredi des Quatre- Temps pour les bienfaiteurs défunts de l’église de Bâle. Avant l’office, on devait faire dans la cathédrale une procession générale comme au jour de la commémoraison des âmes, et à la messe, faire mémoire des frères et sœurs de la Confraternité de la B. V. Marie et des bienfaiteurs de l’église. L’évêque Gaspard accorda quarante jours d’indulgence à ceux qui assisteraient à ce service (XVII Kal. oct. 1479). 5
A quelque temps de là, il convoqua à Bâle tous les vassaux nobles de l’évêché, pour y recevoir l’investiture de leurs fiefs. Cette formalité était obligatoire à chaque nouveau règne (1480). Le margrave Christophe de Baden, comte de Spanheim, n’ayant pu venir en propre personne recevoir l’investiture de ses fiefs, à cause des airs malsains (sic) et d’autres occupations, chargea son bailli Trutper, seigneur de Stauffen, de le remplacer auprès de Gaspard ze Rhein (11 mars 1481). 6 Ce fut à cette époque que le dernier seigneur d’Asuel, le baron Jean Lutold, vieux et sans enfant, reconnaissant que tout ce qu’il possédait, relevait comme fief de l'église de Bâle, résigna tous ses biens, librement, spontanément et avec les formalités requises, par une solennelle donation entre vifs, à Gaspard, évêque, et à l’église de Bâle (1479). 7 En même temps il délia tous ses vassaux, officiers et sujets du
1 Archives de l'ancien évêché de Bâle. = 2 Aux archives de Porrentruy. — 3 De l'original en
allemand aux archives de Saint-Ursanne. = 4 Ibidem. = 6 Ex libro vitæ cath. eccl. Basil. = 6 Trouillat
et Vautrey, p. 870. = 7 Ibidem.