‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 370 sur 612 · L.F. FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

L.F. FRÉDÉRIC

Pkototyp. C. iV. Bmziger frères, Einsiedeln.

DE WANGEN

PRINCE-EVEQUE DE BALE

Portrait dessiné d’après nature et gravé par Mathias Ernst de Manheim. Porrentruy, 1780.

VOYAGE TRIOMPHAL DU PRINCE

serment à la bannière ; ce qui fut suivi de plusieurs décharges de mousqueterie, et de leur retraite dans leurs quartiers.

„ Cette dernière cérémonie se termina par un soupé que la ville eut l’honneur de donner à Son Altesse et à sa suite, en y invitant les étrangers de distinction. Il y avait cent et dix couverts, non compris ceux de messieurs les officiers militaires de tous les différents corps de troupes dont nous venons de parler, que l’on traita ailleurs aux frais de la ville. Le magistrat donna ensuite le bal dans l’arsenal, illuminé au dehors de lampions, comme l’étaient au dedans les armes et le chiffre du prince. Tout l’intérieur de ce bâtiment était artistement décoré.

„Le prince, ayant arrêté qu’il poursuivrait sa tournée le mercredi 25, à huit heures du matin, quitta son hôtel, et marcha à pied jusqu’au bord du lac, avec sa cour et le corps du magistrat de Bienne, précisément dans l’ordre que l’on avait observé la veille pour se rendre à l’église.

„Là, attendaient à l’ancre quinze barques de la Neuveville, artistement ornées, pour le transport du souverain et de son cortège, et une barque de Bienne qui devait servir aux députés de cette ville, honorés de la commission très flatteuse d’accompagner Son Altesse. Cet embarquement, la vue riante du lac, de ses coteaux et de ses environs, enchantaient les yeux d’une multitude innombrable de spectateurs de tout rang, qui ne cessaient de crier: vive le prince! tandis que toute l’artillerie de Bienne redoublait ses salves, et que les compagnies de grenadiers leur répondaient par les décharges de mousqueterie, et par le fracas des grenades. 11 semblait que l’on emmenait Son Altesse en triomphe sur le lac; les barques faisaient mille jolies manœuvres; les matelots exprimant leur joie par leur adresse et leurs chansons; les grenadiers de la Neuveville couvrant les ondes de grenades enflammées; les musiciens exécutant des concerts harmonieux, et tout dans ce trajet manifestant une allégresse que peut seule exciter la présence d’un prince adoré. Aux limites de la banlieue, le magistrat de la Neuveville complimenta son souverain: les cloches et le canon avertirent de son approche du port, où l'attendait toute la milice de ce district, rangée en ordre de battaille, et le corps de la magistrature, entouré d’un concours prodigieux du peuple et des étrangers. A son débarquement, le prince reçut tous les honneurs militaires. La musique guerrière, les applaudissements, les vivats éclataient de toutes parts, et ce gracieux souverain s’offrit aux regards avides de ses sujets avec cette majesté et cette sérénité qui annoncent un prince également bon et grand. MM. les pasteurs l’abordèrent avec respect pour lui faire une harangue, que Son Altesse honora d’un accueil dont chacun fut ravi. Bientôt elle passa à son hôtel, suivie de sa cour et des principaux de la Neuveville. Elle ne tarda pas à aller se placer sous un dais, sur un siège paré, élevé dans la place d’armes pour y recevoir l’hommage solennel des habitants de la Neuveville et de ceux de la montagne de Diesse. Un arc de triomphe avait été dressé sur son passage, que des jeunes filles, mises en bergères, parsemaient de fleurs. La milice fit la clôture de cette cérémonie par une décharge générale, et par le serment à la bannière. Le souverain étant rentré dans son hôtel, un grand nombre d’étrangers fut admis à l’honneur de lui faire sa cour; M. Fischer, bailli de la ville de Cerlier au canton de Berne, se distingua par un discours des plus éloquents qu'il fit au prince; M. Bondeli, bailli de Saint- Jean dans le même canton, lui adressa aussi une harangue; et il n’y eut personne qui n’en sortît charmé de ses manières obligeantes. Son Altesse satisfit ensuite l’extrême curiosité

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