‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 38 sur 612 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

devant le Saint-Siège, l’affaire fut remise par le pape Sixte IV à l’abbé de Saint- Vincent de Besançon, au prévôt de Saint- Anathoile de Salins et à l’official de Besançon pour connaître le différend et prononcer un jugement (21 mars 1482). Ce ne fut qu’en 1486 (24 juillet) que le commissaire apostolique, Guillaume Nanthodi, prévôt de Saint-Anathoile de Salins, débouta l’évêque de Bâle de ses prétentions et reconnut l’exemption du prieuré de Froide-Fontaine de toute juridiction épiscopale. 1 De son côté, Gaspard zeRhein fut chargé par le pape Sixte IV, avec l’évêque de Soissons, de ramener la paix au couvent de Klingenthal au Petit- Bâle, qui était depuis plusieurs années dans un état déplorable. Le relâchement s’était introduit dans cette maison. Les religieuses avaient secoué l’autorité des Dominicains qui avaient la direction du couvent et s’étaient placées sous le protectorat de l’évêque de Constance (1431). En 1480 Jacques de Stubach, provincial des frères Prêcheurs en Allemagne, reçut de Sixte IV la charge de réformer ce monastère, en s’assurant l’appui de l’évêque et du conseil de Bâle et du préfet d’Autriche. A cette nouvelle, les religieuses refusèrent absolument d'entendre lecture du mandat apostolique. On dut vider la maison ; vingt-quatre sœurs furent expulsées et on les remplaça par treize religieuses venues de Guebviller en Alsace. Les parents des religieuses expulsées prirent parti pour elles. Le comte Oswald de Thierstein en fut fort irrité. Albert Klingenberg déclara la guerre aux Dominicains et entraîna dans cette querelle le duc d’Autriche, Sigismond, et quelques villes de la Suisse. Il en résulta des vexations exercées contre les Dominicains et les Bâlois; on alla jusqu’à mettre en prison des marchands de Bâle qui allaient à la foire de Francfort. On s’adressa au- pape qui chargea les évêques de Bâle et de Soissons et le prieur d’Aigues-Mortes (Aquæ mortuæ) de mettre fin à cette fâcheuse affaire. Les parties comparurent au mois d’octobre 1482 à Neubourg sur le Rhin; le général des Dominicains, Salvius Gassetus, venu de Païenne, et les députés du duc d’Autriche et des Suisses étaient présents. On décida que les religieuses expulsées rentreraient dans leur couvent et que celles de Guebviller retourneraient dans leur maison. Klingenthal fut soumis immédiatement au Saint-Siège : en cas de nécessité, les religieuses devaient s’adresser au prévôt de Veltbach, dans le Sundgau, comme à leur supérieur. En outre, par bref du 30 juin 1483, le pape éleva la prieure de Klingenthal à la dignité d’abbesse, dont fut revêtue Brigitte de Schweighausen. 2

A la même époque Sixte IY accorda aux abbés de Lucelle le privilège d’user des insignes pontificaux, de donner la bénédiction solennelle après la grand’ messe et les vêpres et de consacrer les vases sacrés. La bulle pontificale datée du 13 avril 1483 fut reconnue comme authentique par l’official de la cour épiscopale de Bâle, le 15 mai de la même année. 3 Cette cour épiscopale comptait de nombreux officiers ayant d’importantes fonctions. Leurs attributions furent réglées d’une manière officielle et authentique par l’évêque Gaspard ze Rhein, qui poursuivait avec persévérance et courage la bonne administration de son diocèse. Ces statuts de la cour épiscopale de Bâle, dressés vers 1483, forment un volume inquarto de soixante pages, d’une écriture très serrée. Nous les résumons en quelques lignes pour faire connaître les rouages de l’administration diocésaine au

1 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 874 et 881. == i Urst., Epit. hist. Basil., p. 281 et seq. = 3 Cartulaire

de Lucelle, p. 148, 150.

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