LES NOUVELLES MONNAIES
secrétaire et le conseiller Quiquerez receveur. Les subsides aux communes sont accordés par ce bureau. Désormais tous les legs en faveur des pauvres doivent être versés par moitié dans la caisse des pauvres d’Ajoie et dans celle des pauvres
de la ville. 1 . . . .
Plus tard, lorsque la disette du blé se fit sentir dans l’évêché, le prince prit tous les moyens en son pouvoir pour remédier à la misère provenant de la cherté du pain. Le pénal de blé se vendait jusqu’à trois livres bâloises en 1789. Le prince fit venir du Palatinat mille sacs de grain qu’il fit vendre à son peuple avec un rabais considérable, à plus de dix sols bâlois au-dessous du prix d’achat. La sollicitude du bon prince alla jusqu’à faire préparer des moutures à un prix très modéré, afin de mettre même les plus pauvres dans le cas d’être toujours nourris d'un pain suffisant et convenable. En outre, il défendit absolument l’exportation des grains, pain ou farines.
(18 avril 1790.)
Ce fut aussi pour le bien de ses sujets que le prince de Roggenbach fit frapper de nouvelles monnaies. Les pièces d’Allemagne étaient de si mauvais aloi qu’à différentes reprises elles furent interdites dans l’évêché. Les premières pièces furent frappées à Soleure, au témoignage du P. Yoisard qui note qu’elles arrivèrent à Porrentruy vers la fin de décembre 1786. Les pièces d’argent étaient de vingtquatre kreutzers et pesaient quatre grammes et demi; ou de douze kreutzers et de deux grammes et demi. D’un côté elles portent l’effigie du prince de Roggenbach, avec l’inscription Josephus D. G. Episcop.
Basiliensis; de l’autre, l’aigle impérial avec le chiffre vingt-quatre ou douze et l’inscription Sac. Roman.
Imper. Princeps, 1 786 ou 1 788. Les pièces de billon, batz ou un demi batz, n’ont d’un côté que les armes du prince de Roggenbach et de l’autre une couronne de laurier avec ces mots: 1 batzen. Une médaille à huit pans en argent consacra le souvenir de cette réorganisation de la monnaie de l’évêché. D’un côté, on voit le buste du prince de Roggenbach avec ces mots : Josephus I). G. Episc. Bas. S. R. I. Princ. ; de l’autre cette inscription: Rem nummariam restituit anno MDCCLXXXVIII.
Ces monnaies de très bon aloi furent tout d’abord recherchées par les pays voisins et elles circulèrent librement dans toute la France. Elles furent les dernières frappées par les princes-évêques de Râle.
Au château de Porrentruy, il y eut encore quelques réceptions. En août 1787, on reçut la duchesse de Wurtemberg; l’année suivante, l’ambassadeur de France en Suisse se rencontra chez l’évêque de Râle avec les trois jeunes princes de Wurtemberg. L’accueil fut splendide et les fêtes durèrent du 12 au 20 octobre. Tous les soirs il y eut grand souper à la cour, puis comédies et opéras donnés
Joseph de Roggenbach.
Pièce d’un batz.
Pièce de 24 kreutzers.
1 Archives du château de Porrentruy.
Évêques de Bâle *