‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 403 sur 612 · SUPPRESSION DES COUVENTS · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DES COUVENTS

jours des aumônes que cette maison leur distribue . . . Supprimez l’abbaye de Lucelle, vous enlèverez à trente pères de famille un honnête établissement où ils pouvaient placer avantageusement leurs enfants. Les religieux sont reçus sans dot, et leur patrimoine peut se partager entre leurs parents . . . Supprimez l’abbaye de Lucelle, vous retirerez aux étrangers, aux voyageurs et aux passants l’avantage d’y être reçus à bras ouverts, d’y être nourris, logés, soignés. L’ennemi le plus déclaré de notre maison serait obligé de nous rendre justice au sujet de l’hospitalité que nous exerçons indistinctement à l’égard de tous ceux qui veulent nous honorer de leur visite, et cela sans aucun intérêt, dans la seule vue d’exercer les devoirs de religion et d’humanité . . . L’abbaye de Lucelle jouit de 65,000 livres de rente, des biens qu’elle possède dans le royaume. De cette somme défalquez 14,000 livres que nous versons dans la caisse de la Chambre ecclésiastique à titre

Le délire patriotique.

Fac-similé d'iine estampe allégorique sur l’abandon des privilèges le 4 août 1780. — Quatre hommes brisent à coups de fléau des mitres, des crosses, des armures, etc. attributs du clergé et de la noblesse.

de don gratuit (pour l’État) ; défalquez 16,000 livres que nous payons de pension à MM. de Rochemort, Garcol et Gorgel; défalquez 12,000 livres pour l’entretien et la reconstruction de nos immenses bâtiments; défalquez 8,000 à 10,000 livres pour les aumônes. . . “ Le mémoire se termine par ces paroles: „Vous ne souffrirez pas que nous tombions dans la malheureuse nécessité d’abandonner nos foyers, une maison que nous avons choisie librement, et dans laquelle nous avons fait vœu de stabilité, sous la sauvegarde des lois ..."

Que de monastères du diocèse de Bâle auraient pu tenir un langage semblable à celui de Lucelle et produire des titres non moins honorables ! Ils protestèrent tous, affirmèrent leurs droits et invoquèrent les traités qui avaient réuni l’Alsace à la France. A Colmar, les dominicains et les augustins ne quittèrent leurs couvents qu’au mois d’avril 1791. Le 18 juin suivant, les capucins furent forcés de dire adieu à leur maison fondée en 1699. Le 23 juillet, on renvoya des écoles les Sœurs grises, qui refusèrent de prêter le serment constitutionnel. On enleva, le 2 mars 1792, tout le cuivre de la tour des Unterlinden; le 3, on descendit de

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