CHAPITRE XXXVili
licitement, ni validement, exercer aucun des pouvoirs épiscopaux, notre consentement étant indispensable pour l'érection de tout nouveau siège ; et bien loin d’avoir déjà donné ce consentement, ainsi que, suivant vos renseignements, on ose audacieusement le dire dans cette province, nous ne sommes, au contraire, nullement disposé à l’accorder dans l’état présent des choses. “
L’évêque de Strasbourg ayant refusé le serment ainsi que tout concours pour l’exécution de la Constitution civile; l’évêque de Bâle ayant été frappé en quelque sorte d’interdit par l’article 4 de la même Constitution; l’immense majorité des prêtres ayant suivi l’exemple des évêques de Strasbourg et de Bâle, les décrets de
Le pape Pie VI.
D’après une, médaille du temps. — Par son bref du i3 avril 1791, Pie VI avait condamné la constitution civile du clergé. — Sur l’ordre du Directoire, en 1798, le général Berthier occupe Rome et y proclame la république. Pie VI est arraché de son palais, et, malgré ses quatre-vingt ans, emmené à Valence, où il meurt prisonnier.
la Révolution déclaraient, en conséquence, déchu de ses fonctions tout ce clergé fidèle, et mettaient les électeurs civils en demeure de renouveler la face spirituelle de l’Alsace catholique, en créant, par voie de scrutin, d’autres évêques et d’autres curés. Dans la séance du 1 ! février 1791, l’Assemblée décréta „ qu’il serait procédé incessamment à la nomination des évêques des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, et que, en conséquence, le procureur-général syndic du Haut- Rhin, et celui qui, dans le département du Bas-Rhin, en exerçait les fonctions, convoqueraient à cet effet les électeurs de ces deux départements. “ Les frères et amis, c’est-à-dire les électeurs civils du Haut-Rhin, catholiques et protestants, se réunirent à Colmar, à l’église paroissiale, le (5 mars 1791, le dimanche de carnaval, pour ht -plies importante opération. Beaucoup d’électeurs tirent défaut, suivant la chronique manuscrite de l’abbé Vogelsang. Gobe), le suffragant de