‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 414 sur 612 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

roi à Soleure soit chargé d’intimer à la Suisse entière les démarches faites auprès du prince-évêque et de la sommer de ne laisser passer aucune troupe étrangère pour aller à Porrentruy. Reynaud termina cette séance en proposant d’envoyer vers Porrentruy les premiers six mille hommes prêts à partir et stationnés dans le département du Doubs. Le 31 juillet, Broglie annonçait que déjà des précautions étaient prises très-sérieusement pour la sûreté des frontières du côte de Porrentruy. Rebwel, revenant sur l’importance de veiller à la sûreté des frontières suisses du côte de Porrentruy, ajoutait : „Vous avez décrété qu’il serait dépêché un envoyé vers le prince-évêque de Bàle ; on n’a qu’à le faire appuyer parle général Luckner ; et je réponds qu’il sera bien reçu. “ Ce fut le chargé d’affaires de France à Soleure, M. Bâcher, qui eut la mission d’informer le prince des dispositions de l’Assemblée nationale (11 août). L’évêque de Bàle protesta qu’il restait inviolablement fidèle au traité conclu avec la France. Sur ces assurances si positives, le député déclara son mandat rempli et retourna à Soleure, accompagné jusqu’à Bellelay par le délégué impérial et le chancelier de Bilieux (13 août). Rien, dans cette démarche, n’était de nature à jeter la perturbation dans l’évêché; aussi la commission inquisitoriale continua-t-elle ses interrogatoires, sous la protection des troupes autrichiennes, et au jour fixé, l’assemblée des États reprenait paisiblement ses séances (5 septembre).

Du 5 au 18 septembre, l’assemblée des États acheva de traiter différentes questions intéressant le bien public. Un emprunt de quatre mille louis pour payer les grains achetés à l’étranger et de nouvelles protestations de confiance pleine et entière dans la sollicitude du prince pour le salut de l’État, occupèrent les dernières séances de la dernière assemblée des États de l’évêché de Bàle. — Ce fut le 18 septembre que les députés prirent congé du prince qu’ils ne devaient plus revoir. Un mois après, le délégué impérial, jugeant sa présence désormais inutile à Porrentruy, quitta l’évêché où il croyait la tranquillité rétablie (20 septembre).

L’empereur Léopold était mort le 1er mars 1792. L’Assemblée législative de France, enhardie par la nouvelle de cette mort, se hâte de déclarer la guerre à François Ier, roi de Bohême et de Hongrie. C’était le moment attendu depuis si longtemps par Gobel, Rengguer et leurs amis pour décider leur triomphe dans la principauté. En vertu du traité de 1 780, la France pouvait, en cas de guerre, occuper les gorges de l’évêché pour garantir ses frontières. La guerre était déclarée; il fallait se hâter de prendre possession des passages de l’évêché et en expulser les Autrichiens et le prince. Aussitôt le bruit court à Porrentruy que le général Custine s’avance avec son armée sur la principauté qu’il est chargé d’occuper militairement. Des menaces proférées par le général Luckner au club des jacobins à Strasbourg achèvent de jeter la terreur dans la ville épiscopale. Le 25 avril, on apprend que ce sont les soldats en garnison à Huningue qui doivent être appelés à Altkirch pour de là marcher contre Porrentruy. Le 26, un courrier de l’ambassadeur impérial à Bâle accourt donner avis au commandant des troupes autrichiennes de la récente déclaration de guerre et lui intimer l’ordre de quitter l’évêché de Bâle avec ses troupes. Le général de Wallis lui donne pour instruction de se retirer sans coup férir; s’il rencontre sur sa route une armée française supérieure à sa troupe, il doit mettre bas les armes; si c’est un détachement qui l’attaque par trahison, il doit se défendre jusqu’à la dernière goutte de son sang.

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