AVERSION POUR LE SCHISME
furent confisqués. Les noms des prêtres, exilés par la loi du 26 août, furent portés sur la même liste que les noms des émigrés proprement dits, et cette liste se terminait, pour les émigrés du Haut-Rhin, par un arrêté du département, dont l’article 3 était ainsi conçu: „Tous les biens meubles et immeubles des particuliers dénommés en la présente liste sont déclarés acquis et confisqués au profit de la République. “
Les catholiques du diocèse de Bâle témoignèrent hautement et énergiquement leur répugnance pour le schisme et pour les schismatiques. Les évêques schismatiques ne purent recruter des ouailles que parmi les hommes engagés et compromis dans le mouvement révolutionnaire ; leurs adeptes se prêtèrent plus tard
Le général de Custine.
au culte de la Raison avec le même empressement qu’ils mirent à se donner au schisme. Le culte schismatique ne parvint à fonctionner régulièrement que dans très peu de paroisses; il chassa les catholiques de leurs églises, mais ces églises demeurèrent presque complètement désertes. Les catholiques se réfugièrent dans des chapelles et des églises de couvent ou de pèlerinage.
Ce qui montre avec le plus d’évidence les dispositions du peuple catholique, c’est la réception qui fut faite aux curés constitutionnels par les paroisses auxquelles ils furent imposés. Les jureurs ne purent se rendre à leur poste autrement qu’avec une escorte militaire. Comme ils en appelaient sans cesse à l’Eglise primitive, on leur demandait, avec une cruelle ironie, si c’était avec cet appareil qu’étaient venus autrefois les Apôtres et leurs disciples. Les jureurs, installés militairement, durent se retirer trop souvent après quelques jours d’essais infructueux. Il arriva quelquefois qu’on ne put contenir l’exaspération populaire à leur vue. A part