CHAPITRE XXXVIII
avec lui par les assemblées populaires du mois de mai. Il rassure ses compatriotes sur les intentions de la France, cpii a déclaré qu’elle renonce d’entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conquêtes, et qu’elle n’ emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple. Il rappelle les griefs reprochés au prince et à sa cour et termine par ces paroles: ,, Unissez-vous, patriotes; serrezvous autour de l’arbre de la liberté que nous avons planté dans les cinq seigneuries qui avoisinent la France; que nos ennemis sachent que le temps de la justice est enfin venu et pour vous et pour votre syndic ..."
Costumes des soldats de la République.
Nous ne savons ce que fit Rengguer à Paris: sans doute qu’il y porta les vœux des assemblées de Boncourt et des Piquerez ; cependant aucune décision ne fut prise publiquement. On s’en tint au traité de 1780, et on continua à occuper militairement les gorges du Porrentruy. A son retour, Rengguer, qui rencontrait en M. de Rinck un adversaire décidé à lui tenir tète envers et contre tous, chercha à trouver le moyen de faire enlever la garde du château à ce vaillant défenseur. M. de Rinck était officier du régiment de Reinach, au service de France. Il en était absent sans congé; sur la plainte de Rengguer, le général de Ferrières signifia aussitôt au déserteur qu’il eût à rejoindre son corps, sinon qu'il serait regardé comme émigré. M. de Rinck dut céder devant cette menace, et il abandonna le poste qui lui était confié pour aller à Bienne rendre compte au prince de sa conduite (18 juin). M. le capitaine Paumier fut aussitôt chargé de la garde du château,