MISE EN ACCUSATION DE RENGGUER
aulique et de la régence de Porrentruy. Tous les prêtres reçurent l’ordre de porter la cocarde tricolore; on garantit le maintien des couvents des capucins à Porrentruy et à Delémont, etc. etc.
Entre les séances on avait chanté un Te Deum en action de grâces de la délivrance de la principauté (23 décembre), puis étaient arrivés les quatre chanoines qui devaient servir d’otages, en attendant le recouvrement des objets précieux enlevés par le prince (24 décembre) ; 1 en même temps, le bataillon du Bas-Rhin et une compagnie du Doubs quittaient Porrentruy, et étaient remplacés par soixante gendarmes envoyés par le général de Ferrières.
A la réouverture de l’Assemblée, les députés firent la motion de choisir entre eux quarante-huit membres qui composeraient une Convention nationale. C’était tout à la fois une économie et un moyen de rendre à leurs foyers les députés fatigués d’un long séjour à Porrentruy. Le 4 janvier 1793, la nouvelle Assemblée se constitua et élut Rengguer pour son président; mais quatre jours après, elle était dissoute par ordre de la Convention nationale de France.
Il est probable que quelque dénonciation avait été faite à Paris contre les mesures arbitraires qui avaient présidé à la formation et à la tenue de l’Assemblée rauracienne. La Convention venait de porter un décret qui fixait le mode d’agir des généraux de la République dans les pays occupés par leurs armes. Elle se hâta de l’envoyer au peuple de l'évéché de Bàle, en l'invitant à s’y conformer et à s’ériger en peuple indépendant. „Nous avons chassé vos tyrans, disait la proclamation, montrez-vous hommes libres, et nous vous garantirons de leur vengeance, de leurs projets et de leur retour . . . Vous êtes dès ce moment, frères et amis, tous citoyens, tous égaux en droits, et tous appelés également à gouverner, servir et défendre votre patrie. Formez -vous sur le champ en Assemblées primaires ou de communes . . . Les agents de la République française se concerteront avec vous pour assurer votre bonheur et la fraternité qui doit exister désormais entre nous." 2
On vit dans cet acte de la Convention, comme aussi dans le rappel de Gobel qui était mandé à Paris par lettre du ministre des affaires étrangères (4 janvier), un blâme public de la conduite des triumvirs, comme on appelait alors l’évêque de Paris, Rengguer et Démars. Aussi le parti fort nombreux qui leur était opposé saisit-il la première occasion pour les mettre en accusation. Le 10 janvier, Démars présidait, à l’église du collège, le club, assisté de Rengguer, vice-président de l’Assemblée. A peine la séance est-elle ouverte que des cris se font entendre de toutes parts. Le capitaine du 6e bataillon du Doubs, nommé Favrot., dénonce publiquement Démars, Pmngguer et leurs adhérents, comme des despotes, des déprédateurs et des ennemis de la liberté. Aussitôt vingt membres s’élancent à la tribune pour appuyer cette accusation. Le vacarme est affreux ; on n’entend que les cris: „A bas le général! à bas Rengguer!" Démars quitte le fauteuil, pâle et tremblant. Une commission de douze membres est chargée de faire une enquête sur la conduite des accusés. Le 13, le club tient séance de quatre à huit heures du soir ; Démars et Rengguer, convaincus de vols et de déprédations, sont rayés de la liste des membres de la société.
1 C’étaient MM. de Rosé, grand-doyen ; de Blarer, de Reinach et de Rinck. Ils avaient été arrêtés à Arlesheim par huit dragons commandés par M. Marion, aide de camp du général de Falck. Us furent internés au château jusqu’au 10 janvier 1793. = 2 Décret du 17 décembre 1792.
Évêques de Bâle *