A PARIS, DE L’IMPRIMERIE NATIONALE EXÉCUTIVE DU LOUVRE
Proclamation du conseil exécutif provisoire
ordonnant la marche du cortège pour l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Fac-similé réduit d'un placard conservé à l'hôtel Carnavalet, à Paris. — «Le roi donna lui-même le signal du départ : Marchons, dit-il, je suis prêt. Le cortège a suivi les boulevards jusqu'au lieu du supplice; le plus grand silence régnait tout le long du chemin. Louis lisait les prières des agonisants; il est arrivé à dix heures dix minutes à la place de la Révolution. Il s’est déshabillé, est monté d'un pas assuré, et, se portant vers l'extrémité gauche de l’échafaud, il a dit d’une voix assez ferme: Français, je meurs innocent. Je pardonne à tous mes ennemis, et je souhaite que ma mort soit utile au peuple. Il paraissait vouloir parler encore. Le commandant général ordonna à l’éxécuteur de faire son devoir.» (Réimpression du Moniteur, XV, p. 242.) Aussitôt «un citoyen monta sur la guillotine même, et, plongeant tout entier son bras nu dans le sang de Capet qui s’était amassé en abondance, il en prit des caillots plein la main et en aspergea par trois fois la foule des assistants: «Frères, disait-il, on nous a menacés que le sang de Louis Capet retomberait sur nosjtétes ; eh bien, qu'il y retombe ... le sang d’un roi porte bonheur.» (Prudhomme, Les Révolutions de Paris, n° i85.)