‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 436 sur 612 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

dans le Haut-Rhin, du diocèse de Bâle, 104 religieux infidèles à leurs vœux, devenus prêtres jureurs et curés intrus.

Dans le département du Mont-Terrible, comprenant T ancienne principauté de l’évêque de Bâle, on compta 201 prêtres émigrés et non assermentés. Il n’y eut que 15 jureurs, appartenant à ce pays et y résidant. Voici leurs noms: Berger François, archidiacre du chapitre de Saint-Ursanne ; Bergeret, curé à Grandfontaine; Blanchard Jean Baptiste, ancien jésuite et professeur à Porrentruy; Brossard Jean Baptiste, curé de Lamotte; Copin L. Fr. Zéphirin, curé du Noirmont ; Gressot. Jacques Ignace, professeur à Porrentruy ; Guélot Jean Jacques, ancien curé de Courgenay; Hassel Bernard, curé de Charmoille; Keller Jean Jacques, prévôt du chapitre de Saint-Ursanne ; Priqueler, chanoine de Saint-Ursanne ; Lehmann Antoine, prêtre à Porrentruy; Vermeille Cl. Louis, curé de Courtedoux; Vallet Jean Baptiste, curé de Bourrignon ; Vannier Pierre Humbert, chanoine de Saint- Ursanne; Voisard Pierre Joseph, promoteur diocésain.

A ces treize noms, il faut encore ajouter ceux des prêtres, originaires de la Principauté, qui se trouvaient en Alsace. Ce sont: J. Ant. Bærninger, prêtre d’Arlesbeim; Buthod de Porrentruy, à Oberhergheim ; le P. Jean Pierre Étienne, de Porrentruy, bernardin de Lucelle ; Jean Germain Fleury, de Porrentruy, capucin sous le nom de P. Félicien; Jean Jacques Guinans, de Courchavon, capucin sous le nom de P. Abondant; Jean Pierre Ignace Guinans, du même lieu, bernardin de Lucelle; un autre Guinans, de Porrentruy, prêtre fonctionnant à Wasserbourg; Alexis Gutzwiller de Terwiller, bernardin de Lucelle ; Fidèle Joseph Sylvain Steiner, chapelain d’Arlesheim; Pierre Humbert Vannier; François Joseph Xavier Voisard, de Porrentruy, cordelier, aumônier du régiment suisse Diesbach; Écabert de Montignez, vicaire au Bonhomme. 1

L’abbé Kætschet, curé de Courroux, dans une histoire qu’il a faite de cette triste époque, en trace un tableau très frappant: „Les uns, dit-il, prêtèrent le serment pour vivre à leur liberté, se marier, et les autres, parce qu’ils ne souffraient ni les autorités ecclésiastiques ni les civiles, ne voulant être gouvernés ni par les unes ni par les autres. D’autres parce qu’ils aspiraient à un canonicat de la cathédrale, ou du moins de la collégiale, peut-être à l’épiscopat. D’autres enfin pour pouvoir rester dans leurs maisons curiales et jouir de leurs dots, ainsi que des dîmes, ou du traitement de mille deux cents francs que le gouvernement promettait alors. Les uns et les autres furent trompés. Les premiers, voulant se livrer au libertinage, furent méprisés, maudits et chassés partout. Les seconds se virent obligés d’obéir à de nouvelles autorités, qui les confondirent avec le dernier du peuple ; car, comme lui, il fallut faire les gardes et les corvées. Il fut défendu de porter ni habit ni aucune marque d’ecclésiastique, de sonner pour les offices divins, de faire aucune fonction hors de l’église. Chaque paroissien put impunément insulter son curé. Il y a même des paroisses où ils le chassèrent, sans que l’autorité civile prît son parti. On osa dire publiquement tout ce qu’on voulut contre la religion et le curé. Les patriotes dans quelques paroisses ne se gênèrent pas de travailler publiquement les fêtes et dimanches, même pendant les offices. Le pauvre curé jureur voyait tout cela, saus oser reprendre qui que

1 Voir Histoire du clergé catholique d’Alsace avant, pendant et après la grande révolution, par l’abbé Frayhier. Colmar, 1877, in-8.

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