VENTE DES BIENS NATIONAUX
Le couvent des Annonciades échappe à la destruction en servant de prison; celui des Ursulines est mis à l’encan et converti en fabrique. L’hôpital fut aussi l’objet des attaques des républicains qui terrorisaient Porrentruy. Les vénérables hospitalières, qui se dévouaient depuis tant d’années au soin des malades, ne purent trouver grâce devant la haine anti- religieuse des frères et amis. Le 25 octobre 1793, la Société populaire républicaine et montagnarde de Porrentruy écrivait au maire et aux officiers municipaux de la ville, qu'ils devaient „ forcer les hospitalières de Porrentruy à quitter, sous quarante-huit heures pour tout délai, le costume ridicule et proscrit par les lois qu’elles continuent de porter, à faire à l’hôtel commun entre les mains du maire leur serment civique, sous peine d’être mises dans la maison de réclusion en cas de refus, et ce comme femmes suspectes. Dans le cas où les dites béguines menaçassent d’émigrer à Berne, comme elles l’ont déjà fait, la Société attend du zèle de ses municipaux qu’ils les
Assignat de quatre cents livres.
Dessiné par Gatteaux, gravé par Tardieu.
feront traduire sur le champ devant le tribunal, pour être punies suivant la rigueur des lois. La Société vous demande encore, citoyens, de faire effacer l’épigraphe inscrite au-dessus du troue de l’hôpital ainsi conçue: Rachetez vos péchés par des aumônes et d'y substituer celle-ci: Au nom de V humanité souffrante, secourez vos semblables . . . l< 1
Le même jour (4e jour du 2e mois de l’an second de la République française) le directoire du département du Mont-Terrible, séant à Porrentruy, enjoignit à la municipalité de faire quitter, dans trois fois vingt-quatre heures, aux hospitalières leur costume „qui scandalise des yeux républicains", sous peine de quitter l’hôpital. Le lendemain, on communiqua, aux sœurs l’ordonnance de l’autorité républicaine. Les hospitalières consentirent à quitter pour un temps leur habit religieux, afin de pouvoir continuer leur service auprès des malades, mais elles refusèrent de prêter le serment civique qu’on exigeait d’elles. La communauté se composait
1 Archives de Porrentruy, hôpital, N° 165.