‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 444 sur 612 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

alors de six sœurs : Mère Ostertag supérieure, sœur Jeannerat, sœur Pêcheur, sœur Duringer, sœur Comte et sœur Werneur. Sur leur refus du serment, le maire de Porrentruy, Jacques Collon, demanda au directoire du district la ligne de conduite à suivre. Le directoire enjoignit aux hospitalières de rester à leur poste jusqu’à leur remplacement prochain (29 octobre 1793). La municipalité de Porrentruy s’adressa aux autorités de Besançon et de Lure pour avoir des hospitalières séculières ; à Besançon, elles étaient malades et incapables de prendre un autre service ; à Lure, elles ne suffisaient pas aux besoins de l’hospice, à cause des passages fréquents de troupes. 1

Il fallut maintenir les bonnes religieuses à leur poste de dévouement, et en attendant que des infirmières fussent formées au soin des malades, six citoyennes furent présentées dans ce but par la Société populaire et montagnarde, „pour remplacer dans un court délai les hospitalières ou sœurs grises dont l’incivisme et le fanatisme connu et public doit les repousser de cet asile de l'humanité". 2

Les citoyennes en question furent tellement inhabiles aux fonctions d’hospitalières qu’on dut surseoir de nouveau au renvoi des sœurs et les tolérer à l’hôpital qu’elles ne quittèrent plus, malgré les tracasseries de toutes sortes qu’on leur fit subir. La loi du 23 messidor, an II, ayant déclaré biens nationaux tous les biens et revenus appartenant aux hôpitaux, la régie des domaines s’en empara pour les gérer au profit du trésor public. Une partie considérable des biens fonds fut vendue et la plupart des capitaux et constitutions de rentes remboursés en assignats. Aussi, quand la Convention nationale, le 2 brumaire an IV, suspendit l’exécution de cette loi en ce qui concerne les hospices, et remit de nouveau ceux-ci en jouissance de leurs biens et revenus non aliénés, l’hôpital de Porrentruy ne possédait plus en capitaux que 15,316 livres de Bâle; il avait, dans ce laps de temps, essuyé une perte de 95,000 francs. 3

Dès que l’évêché de Bâle fut réuni à la France, raconte le curé de Courroux, M. Kætschet, on vendit tout ce qu’on appelait alors biens nationaux; 1° les biens du prince, son château que le perruquier Lémane acheta; celui de Delémont qui fut vendu à M. Verdan, fabricant à Bienne; ses métairies des Côtes, du Pré de Yoëte, du Rosenberg et des Orties, ainsi que plusieurs terres qu’il possédait en différents endroits; tous les meubles et denrées qu'il avait laissés dans ses châteaux, tout cela fut vendu aux patriotes du pays pour des assignats, parce que les honnêtes gens par conscience n’en voulurent pas. Le gouvernement s’empara de toutes les forêts du prince, des maisons de ses grands baillifs, lieutenants et autres officiers, mais il ne les vendit pas, du moins toutes. Il conserva les forêts pour le besoin el logea des personnes en place dans ces maisons. Quant aux forges d'Undervelier et de Bellefontaine, elles furent vendues à des belfortains nommés Blétry, Georges, Gugnottet, aussi pour des assignats. 2° On vendit les biens des émigrés; 3° les dots curiales; 4° les meubles et denrées des curés émigrés; 5° les granges et maisons des curés. Cependant là où les chefs des communes étaient des gens probes, on sauva les maisons curiales, en alléguant au gouvernement que c’étaient des maisons communes. 6° On vendit les biens et obligations des églises et fabriques, ainsi que les vases sacrés et les ornements d’église; 7° tous les

1 Lettre du 98 frimaire et du lor nivôse de l’an II de la République. = 2 Lettre du 19 germinal

an IL = 3 Voir X. Kohler, L’hôpital bourgeois de Porrentruy.

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