CHAPITRE XXXIX
La persécution religieuse dans l’évêché de Bâle, 1794 — 1800. — Profanation et pillage /les églises. — L’émigration. — Tentative de schisme en Alsace. — Un prétendu évêque du Haut-Rhin. — Héroïsme du clergé fidèle. — Les dernières violences des jacobins. — Martyre de Jean Bochelé.
endant les jours qui suivirent la mort du prince de Roggenbach, la persécution parut se ralentir ; non que la Révolution eût abdiqué sa haine contre l'Église, mais la force des choses imposait un système d’apaisement.
Le premier pas dans la voie de la liberté fut la loi du 3 ventôse ou 2 1 février 1795. Mais c’est à peine si l’on y découvre la ligne de démarcation qui la sépare d’une loi de proscription. A toute attire époque qu’au lendemain de la Terreur, cette loi aurait été signalée comme un édit de persécution. Voici quelques-uns des principaux articles: 1° Conformément à l'article 7 de la Déclaration des droits de l’homme et à l’article 1 22 de la Constitution, l’exercice d’aucun culte ne peut être troublé (!). 2° La République n’en salarie aucun. 3° Elle ne fournit aucun local, ni pour l’exercice du culte, ni pour le logement du ministre. 4° Les cérémonies de tout culte sont interdites hors de l’enceinte choisie pour leur exercice. 5° La loi ne reconnaît aucun ministre du culte. Nul ne peut, paraître en public avec les habits, ornements ou costumes affectés à des cérémonies religieuses. 6° Tout rassemblement de citoyens pour l’exercice d’un culte quelconque est soumis à la -surveillance des