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UN PRÉTENDU ÉVÊQUE DU HAUT-RHIN

seulement leurs propres paroissiens, mais encore les fidèles des lieux voisins dépourvus de prêtres desservants ; et on devait recevoir aussi le vote de ceux-ci, lorsqu’ils se présenteraient dans l’assemblée électorale, composée des paroissiens mâles depuis l’àge de vingt-et-un ans (sic). Les procès-verbaux du scrutin devaient parvenir au presbytère, à Aspach, le dimanche qui suivait le 3 avril. L’élection ordonnée par le presbytère eut lieu le 3 et le 10 avril (les votants avaient été trop peu nombreux le 3 avril). Le dépouillement du scrutin se fit à Aspach-le-Bas, le 19 avril, de la manière la plus solennelle, sous la présidence du citoyen Maudru, faisant fonction de métropolitain, qui célébra une messe pontificale. Étaient scrutateurs les citoyens Marc Antoine Berdolet, curé de Phaffans; Jean Thiébaud Danzer, agent de la commune d’ Aspach-le-Bas ; François Joseph Gobel, curé de Burnhaupt-le-Haut. Jean Nicolas Ducloux, curé de Traubach; Jean Baptiste Burgunder, curé de Saint- Amarin, et Antoine, secrétaire de la commune d’ Aspach, figurent comme secrétaires au procès-verbal de la séance. — - Dépouillement et recensement faits, il en résulta que, sur 9022 suffrages, le citoyen Berdolet en avait réuni 4176; le citoyen Graff, curé de Colmar, 3232; et le citoyen Gœtzmann, curé de Reiningen, 654 ... — Les autres voix se partageaient sur divers ecclésiastiques.

L’article XVIII de la deuxième lettre encyclique des réunis exigeant pour le candidat élu au moins les deux tiers des voix, l’élection des 3 et 10 avril était nulle; et il fallut procéder à une nouvelle élection, le dimanche 24 avril. Ce second scrutin fut dépouillé à Aspach, le 27. Le citoyen Maudru, faisant fonction de métropolitain, ne présida plus ; il était remplacé par le citoyen Jean Thiébaud Deyper, curé d'Oderen. Les scrutateurs et les secrétaires étaient ceux de la séance du 19 avril. Le dépouillement produisit 12,862 suffrages: 6997, en faveur du citoyen Berdolet; 5752, en faveur du citoyen Graff; et 113, en faveur du citoyen Gœtzmann. Les deux tiers des voix n’étant pas requis pour la validité du second tour de scrutin, le citoyen Berdolet fut de suite déclaré évêque élu du diocèse du Haut-Rhin, et sur son acceptation, son élection fut proclamée. 1 Nous ajoutons ici la simple remarque que, en 1794, la population du Haut-Rhin était de 293,013 habitants, sur lesquels 250.000, au moins, étaient catholiques.

Ainsi se fit la première élection d’un évêque dans l’église des réunis. Le sacre du citoyen Berdolet eut lieu à Colmar le 15 août 1796, à l’église des dominicains. Ce fut le citoyen Maudru qui consomma le sacrilège, avec l’assistance du citoyen Jean Baptiste Flavigny, évêque de la Haute-Saône, et du citoyen Brendel, évêque du Bas-P».hin. Berdolet, qui s’était adjugé un diocèse, eut beaucoup de peine à trouver une résidence. U ne réussit pas à se fixer à Colmar; et ce n’est que vers la fin de l'année 1798 qu’il élut enfin domicile à Soultz. La petite église schismatique, définitivement organisée grâce au sacrilège de Colmar, vécut quatre ou cinq ans de la vie la plus précaire et la plus remplie de tribulations de toutes sortes. Elle se cramponna à l’œuvre des réunis, publia tous leurs actes, envoya son évêque et ses théologiens aux conciliabules qui se réunirent à Paris. Elle tint elle-même deux synodes à Soultz: l’un du 17 au 23 mai 1798; l’autre, du 26 au 29 mai 1800.

1 Nous avons emprunté ces détails sur l’élection de Berdolet au „ Registre des délibérations du presbytère du Haut-Rhin que M. le chanoine V. Guerber a bien voulu nous commurîiquer.

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