CHAPITRE XXXIX
Libre désormais dans son œuvre de haine, le Directoire arrêta, le 5 juillet, que l’article XIY de la loi du 25 brumaire, an III, ainsi conçu: Tous citoyens, qui auront dénoncé, saisi et arrêté des émigrés, recevront, après l’exécution du jugement, la somme de cent livres pour chaque émigré, serait imprimé, publié et affiché dans les communes. — Le 6 juillet, le conseil des Cinq-Cents autorisa le Directoire à ordonner des visites domiciliaires pour arrêter les prêtres déportés rentrés ou les prêtres sujets à la déportation. — Le 4 août, le 30 août, le 9 septembre, le corps législatif rendit trois lois qui rétablissaient avec une tyrannie et
Le club des jacobins à Paris.
une intolérance encore inconnues, le culte philosophique ou décadaire. 1 Le clergé schismatique du Haut-Rhin n’avait pas attendu ces lois pour fléchir devant les persécuteurs. Le Moniteur du 13 juin put déjà annoncer un arrêté du clergé du Haut-Rbin, qui transportait le service divin au décadi.
Tous les documents de la fin de l’année 1797 et surtout de la seconde moitié de l’année 1798 signalent en Alsace une grande activité dans la poursuite des prêtres orthodoxes. Elle est plus acharnée dans le Bas-Rhin que dans le Haut- Rbin. — „Le 4 novembre 1797, dit le chroniqueur Schmutz, arrive de Paris au département du Haut-Rhin un ordre en vertu duquel tous les prêtres non assermentés sont tenus, sous peine de mort, de sortir du pays dans la quinzaine . . .
1 Ap. Sauzay, I. IX, p. 54^.