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LA PACIFICATION RELIGIEUSE

„ . . . Donné à Constance, où nous avons pour le présent notre asile, le 15 janvier 1795. — Signé: François Xavier, évêque de Bàle.“ 1

Ce fut aussi de Constance que le prince de Neveu envoya aux prêtres du Mont-Terrible ses instructions pour l’administration des paroisses presque toutes privées de pasteurs. Ces directions si sages, si prudentes dont plusieurs copies existent encore dans nos presbytères, avaient été élaborées avec les évêques réfugiés à Constance. Mgr de Neveu les transmit aux intéressés avec une lettre pastorale, datée du 16 juillet 1795, où il défendait la soumission requise pour les prêtres qui voulaient fonctionner. Ils n’étaient autorisés à faire les promesses légales que sur la demande expresse des paroissiens et en mettant dans leur déclaration, cette exception explicite et formelle: de tout ce qui a rapport dans les lois à la religion catholique et à la conscience. Dans une lettre du 5 juillet 1796, datée de Constance, l’évêque de Bàle rappelle aux prêtres-missionnaires ces sages prescriptions et prévient certains abus qui tendaient à s'introduire dans l’exercice du saint ministère. 2 — Dans son mandement de carême de 1797, donné le 1er février, à l’abbaye de Saint-Urbain où il était alors retiré, le prince de Neveu traita à fond la question des prêtres intrus qui cherchaient à séduire le peuple. S’appuyant suites textes formels de la Sainte-Écriture et du concile de Trente, il fit ressortir la condamnation expresse dont le pape Pie YI frappait ces pasteurs mercenaires et l’horreur qu’ils devaient inspirer aux paroisses de son diocèse. Le langage du vénérable prélat est plein de force et de dignité épiscopale.

L’évêque de Neveu était à Passau, en 1800: les temps étaient devenus meilleurs. Sur les instances qui lui furent faites, il autorisa, le 13 septembre de la même année, les curés et autres prêtres des parties françaises de son diocèse à faire au gouvernement la déclaration suivante: Je promets d’être fidèle au gouvernement existant, sauf en tout la Religion; dont l’acte devait être donné au prêtre intéressé. Une autre formule plus explicite avait été adoptée dans le diocèse de Strasbourg. Mgr de Neveu y adhéra par une lettre de Vienne, du 2 septembre 1 800, remettant le tout au jugement du Saint-Siège. Cette direction de l’évêque de Bàle fut transmise aux vicaires généraux de Besançon et de Belley, au prévôt de Rheinfelden, à M. Juif curé de Blotzheim, à M. Démangé curé d’Alle, aux curés de Colmar, de Steinbrunn, de Massevaux, aux doyens Bloque et Froidevaux. 3

Le XIXe siècle s’ouvrit sous de meilleurs auspices : on avait franchi la période aiguë de la persécution religieuse ; on touchait à la restauration du culte et à la conclusion du concordat qui devait rouvrir les églises de France. Malgré les réclamations du pays, le département du Mont-Terrible cessa d’exister au commencement de 1800, et une loi portant la date du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) le réunit à celui du Haut-Rhin. Porrentruy devint le chef-lieu d’une sous-préfecture, le siège d’un tribunal de première instance ; l’arrondissement de Porrentruy comprenait cent trois communes et cinq justices de paix ayant pour chefs- lieux : Porrentruy, Audincourt, Montbéliard, Saignelégier et Saint-Ursanne.

Le 20 octobre 1 800, dit l’abbé Kætschet dans son Histoire du pays de Porrentruy, le premier consul Bonaparte porta un décret qui permit aux émigrés de rentrer en France. Comme les prêtres du pays étaient déjà assurés au commencement de ce

1 Mandements imprimés, dans notre collection. = 2 Dans notre collection. = 3 Des originaux

de notre collection.

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