‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 480 sur 612 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

devait être affectée à la sustentation des chanoines de l’ancienne cathédrale de Bâle, pour compléter la rente viagère stipulée par le recès de 1803. Le prince de Neveu dut renoncer à tout espoir de recouvrer sa principauté. Il resta à Offenbourg et il chargea M. Tschann, curé de Dornach, en qualité de provicaire général et d’official, d’administrer en son nom, l’ancien évêché de Bâle. M. François Xavier de Mahler, ancien chanoine de la cathédrale, qui résidait alors à Arlesheim, fut revêtu du titre et des fonctions de vicaire général, qu’il conserva peu de temps, car il mourut le 19 juin 1816.

Ce ne fut qu’en 1818 que l’ancien évêché de Bâle, devenu bernois, prêta serment à ses nouveaux maîtres. La cérémonie eut lieu solennellement à Delémont le 24 juin de cette année. Toutes les autorités ecclésiastiques et civiles du pays et un député de chaque commune y furent convoqués. Chacun dut s’y trouver déjà la veille, raconte le curé Kætschet, témoin oculaire, pour être présenté à l’avoyer M. de Watteville qui logeait au château. Le 24 à la pointe du jour, on annonça la cérémonie par cent et un coups de canon. On avait dressé au milieu de la ville, un arc de triomphe sous lequel devait passer tout le cortège. A dix heures, on se rendit au château d’où l’on alla processionnellement, au son de toutes les cloches, à l’église. Une nombreuse jeunesse en uniforme formait deux haies depuis le château jusqu’à l’église. Les tambours et une musique superbe accompagnaient.

En tête, précédé des gardes d’honneur à pied et des huissiers d’État, marchait Son Excellence M. l’avoyer de Watteville, délégué spécialement pour recevoir la prestation de foi et d’hommage, suivi immédiatement des sénateurs Freisching, de Murait, de Steiger, de Freudenreich et de Würstenberger, adjoints à l’avoyer pour composer la députation du gouvernement. Venaient ensuite les diverses délégations ecclésiastiques et civiles précédées de leurs baillis. Arrivé à l’église paroissiale, chacun prit la place qui lui était assignée: M. l’avoyer de Watteville sur une estrade élevée à la droite de l’autel, le clergé des deux confessions dans les stalles et les grands baillis également à des places honorifiques. Avant la prestation du serment, l’avoyer fit un discours analogue à la circonstance; puis il lut la formule du serment que chacun répéta. La cérémonie se termina par un Te Deum en musique. A midi, il y eut grand dîner aux frais du gouvernement ; au château pour les premières autorités civiles, M. l’official de Tschann, les curés cantonaux et les membres du consistoire protestant; à l'hôtel de ville pour les autres prêtres et les ministres; aux auberges pour les maires députés des communes, etc. 1

Chacun reçut une médaille en argent de la valeur de cinquante hatz, représentant d’un côté les armes de Berne avec ces mots: Respublica Bernensis , et de l’autre on lisait : Civil. Jurait, in communem patriam receptis. Homag. prœstit. Delemontii. 24 jim. ISIS, et en exergue: Fides utr inique f aller e nescia. Le soir, il y eut illumination générale et grand bal au château. De Delémont l’avoyer se rendit à Porrentruy où il reçut un accueil excellent. On donna en son honneur une fête de nuit à Bellevue, près de la ville, qui dépassa en splendeur l’attente de tous. 2

Le prince de Neveu ne prit aucune part à ces manifestations qui ne faisaient que consacrer l’anéantissement de la principauté de l’évêque de Bâle. Pour faciliter

1 „On a payé à. l’hôtel de ville cent vingt batz par tête.“ Kætschet. op. cit . , p. 182. = 2 Bélet,

mémoires, p. 86,

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