RETABLISSEMENT DES URSULINES
l’expédition des affaires, il nomma un provicaire général et un official spécial pour le Jura bernois, dans la personne de M. Aloyse de Bilieux, ancien chanoine de Saint-Ursanne. Cet ecclésiastique, aussi distingué par sa naissance que par les plus nobles qualités de l’esprit et du cœur, annonça son entrée en fonction par une circulaire portant la date de Porrentruy du 10 février 1819. Ce fut dès lors sous sa signature que parurent les mandements français du prince de Neveu. 1
La ville de Porrentruy dut à la sollicitude de M. de Bilieux le rétablissement du couvent des Ursulines qui s’effectua en 1819. Deux ans auparavant, le conseil municipal avait fait aux anciennes religieuses Joliat, Dam et Chalet qui avaient survécu à la grande révolution, la proposition de relever leur maison; quoique avancées en âge, ces dignes Ursulines acceptèrent les offres qui leur étaient faites. Le conseil de ville leur acheta une maison près des écoles de la ville, leur assura une dotation annuelle de mille francs avec un subside de la donation Bilieux Faber de trois cent quatre-vingt dix-sept francs. L’évêque de Bâle, Mgr de Neveu,
Médaille frappée à l’occasion de la réunion du Jura au canton de Berne,
24 juin 1818.
approuva le rétablissement du couvent et obtint de la maison de Fribourg quatre Ursulines capables de venir en aide à celles de Porrentruy. Ce furent sœur Augustine Gremaud et sœur Fortunée Galley qui furent déléguées avec sœur Marie Elisabeth Farine et sœur Marie Joseph Farine, religieuse de Saint-Hippolyte, réfugiée à Fribourg depuis vingt-quatre ans. Elles arrivèrent à Porrentruy le AS mars 1818, sous la conduite de sœur Séraphine Muller assistante. Un heureux concours de circonstances permit à la communauté renaissante de rentrer en possession de son ancienne maison. Moyennant un prix de vingt mille francs, les Bàlois propriétaires consentirent à vendre aux Ursulines l’église et le couvent, dans l’état où ils se trouvaient. Grâce aux démarches réitérées de M. le pro vicaire de Bilieux, qui fut le premier protecteur et le bienfaiteur insigne de la maison, le marché fut conclu et signé le 9 avril 1818. Les sœurs rentrèrent dans leur couvent le 15 octobre; elles y reprirent le costume de leur ordre, la règle et les pratiques de la vie religieuse. Le gouvernement de Berne, sur les recommandations de M. le baron de Bilieux, membre du conseil d’État, reconnut et approuva la fondation du couvent des Ursulines le 12 juillet 1819. M. le provicaire de Bilieux fut le premier supérieur de la maison. „I1 a été, raconte l’annaliste des Ursulines,
1 Mandements du carême du 27 janvier 1819, 2 février 1820. — Circulaires pour la fête d’actions de grâces, du 24 août 1819; du 18 août 1820,