SACRE DE MGR DE GLUTZ, COADJUTEUR
privations et de longues souffrances ; d’autres, restés cachés dans les forêts et les cavernes pour porter, souvent au péril de leur vie, les secours et les consolations de la religion aux malheureux et aux moribonds, ont atteint par tant de dangers, de veilles et de travaux, une trop précoce et languissante vieillesse; depuis bien des années, on voit avec douleur se former de toutes parts dans le sanctuaire, des vides qu’il n’a pas été possible de remplir jusqu’ici ..." 1
Un autre événement vint, à la même époque, remplir d’espérance et de joie l’église de Bâle. Chargé d’ans, éloigné de son diocèse, le prince de Neveu se décida à se choisir un coadjuteur avec future succession, dans la personne du prévôt de la collégiale de Soleure, M. Victor Antoine François de Glutz, qui était déjà vicaire général de l’évêque de Bâle. Pie VII le préconisa évêque de Chersonèse in partibus infidelimn. Le prince de Neveu annonça cet heureux événement au clergé du diocèse de Bâle par une lettre en latin, d’Offenbourg du 21 août 1820. Le sacre du coadjuteur eut lieu à Saint-Urbain, six jours après. Le journal du Jura du 16 septembre 1820 fait de cette cérémonie une relation intéressante, qui trouve sa place dans cette histoire:
,On a tout lieu d’espérer, que les arrangemens diocésains entravés depuis longtems vont enfin prendre une tournure heureuse et définitive. D’après le vœu manifesté itérativement par S. A. le Prince-Evêque de Bâle, et sur la recommandation des cantons diocésains, S. S. a nommé Coadjuteur de l’Évêque de Bâle Mr Victor Antoine François de Glutz, prévôt de la collégiale de Soleure; en conséquence il a été sacré Évêque de Chersonèse in partibus par S. E. Archevêque de Cyrus, nonce apostolique, dimanche 27 août dernier dans l’église de l’abbaye de Saint-Urbain. Leurs Excell. du conseil secret voulant témoigner la part qu’elles prenoient à cet événement, ont chargé M. le provicaire général de Bilieux et M. le Commissaire Épisc. et Curé cantonal Cennet de se rendre à Saint-Urbain pour assister au nom du clergé du Jura à cette auguste cérémonie. Arrivés la veille samedi à Saint-Urbain, et se présentant de la part de L. E., ils furent admis immédiatement près de M. le Coadjuteur. S’acquittant de l'honorable mission dont ils étaient chargés, ils se félicitèrent de pouvoir offrir à M. le Coadjuteur dans cette circonstance si mémorable l’hommage du respect et les vœux du Clergé du Jura. Il fut très sensible à cette attention de L. È. et il les chargea de leur témoigner Sa vive reconnaissance. Dimanche, 27 août, ainsi qu’il avait été annoncé, la solennité du sacre eut lieu avec toute la pompe possible et selon les formes prescrites pour pareilles inaugurations. Les prélats assistans étaient M. l’Abbé de Mûri et M. l’Abbé de Saint-Urbain. L’église était pleine de monde, accouru de tout le voisinage et tous les assistans parurent touchés du recueillement, de la gravité et de la dignité qui régnèrent pendant toute la cérémonie qui dura plus de deux heures. En sortant de l’église on reconduisit Sa Grandeur l’Évêque de Chersonèse jusque dans son appartement. Alors S. E. M. l’Avoyer Am-Rhyn, accompagné de M. Louis de Roll, Seigneur Conseiller d’État de Soleure, députés pour les cantons diocésains, complimenta M. le Coadjuteur par un discours analogue à la circonstance auquel il répondit avec la grâce qui lui est propre. Le lendemain matin M. le Coadjuteur, M. l’Abbé de Mûri, MM. les Chanoines Gerber et Glutz, députés du chapitre de Soleure, et plusieurs étrangers se joignant à eux, partirent pour Soleure après avoir pris congé deM. l’Abbé de Saint-Urbain et lui avoir exprimé leur reconnaissance pour sa généreuse hospitalité. Tout le cortège étant arrivé à la frontière du canton, M. le Coadjuteur fut complimenté par une députation du gouvernemenl et passa ensuite dans les carrosses des députés. Son entrée à Soleure fut des plus solennelles; le chapitre et le clergé de la ville l’attendaient au bout du pont; de là, au son des cloches, on se rendit processionnellement et dans le plus bel ordre vers la future cathédrale. Les rues étaient garnies de troupes rangées en haie qui conservaient
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