‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 500 sur 612 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Le gouvernement d’Argovie ordonne au curé de le faire; sur son refus, il le destitue et le remplace par un prêtre qui bénit le mariage en question. L’évèque de Bâle interdit l’usurpateur des fonctions paroissiales. Le gouvernement fait installer le prêtre interdit par la force armée à Wohlenschwil; le peuple proteste par son absence, et six apostats prennent seuls part à la cérémonie sacrilège. Saisi de cette affaire, le Grand Conseil d’Argovie conseille la voie d’un arrangement. Le curé légitime résigne sa cure et reçoit en échange la chapellenie de Frick. L’intrus se retire et la cure est repourvue canoniquement. C’était en 1832, deux ans à peine après l’entrée d’Argovie dans le diocèse de Bâle. Dans ce canton, les curés et les autres bénéficiers forment entre eux une sorte de corporation ecclésiastique ou chapitre rural. Les dignitaires de ce chapitre, le doyen, le camerarius et les sextarii, sont nommés à la pluralité des voix, sous l’approbation de l’évêque.

Le 30 juillet 1832, le conseil d’État argovien réclame les statuts des chapitres ruraux, et déclare que nulle élection n’aura lieu désormais qu’en la présence d’un délégué du gouvernement. 11 fallut subir cette exigence déraisonnable et arbitraire. La même année, Soleure s’arroge le droit de nommer les professeurs de théologie, sans même en prévenir l’évêque diocésain. Toute réclamation fut nulle et non avenue. 1

En 1834, un curé du canton de Lucerne lit en chaire la bulle de Grégoire XVI du 17 septembre 1834. Pour ce lait, il fut déposé par le gouvernement qui mit sa cure au concours, malgré la sentence de l’évéque. Le pauvre curé, étant retourné dans sa paroisse (Uffikon), sans cependant y remplir de fonction curiale, fut arrêté par les gendarmes et conduit en prison à Lucerne où il demeura longtemps prisonnier.

Après la mort du prévôt de la cathédrale de Soleure, M. Gerber, en 1834, le gouvernement soleurois le remplaça par un prêtre qui ne faisait, pas partie du chapitre. Rome annula cette nomination illégale. L’État de Soleure, irrité, s’empara violemment des biens du chapitre et fit décréter par le Grand Conseil qu’il ne serait plus pourvu aux vacances qui surviendraient dans le chapitre ( 1 G décembre 1 834). Le chapitre soleurois se trouva ainsi réduit à deux membres. Aujourd’hui après avoir cessé d’exister en vertu du vote du Grand Conseil de 1874, il a été rétabli par la convention du 2 septembre 1884.

Le 1 7 février 1 835, le Grand Conseil d’Argovie décrète que les livres d’instruction religieuse et les catéchismes destinés aux écoles doivent être approuvés par le gouvernement. L’évêque de Bâle proteste contre une mesure attentatoire à ses droits les plus sacrés. Le 5 mai, le Grand Conseil argovien décrète: 1° la lettre de l’évêque lui sera retournée, comme étant de sa part un acte d’empiètement intolérable; 2° le Grand Conseil témoigne à l’évêque son grand mécontentement ; 3° on lui rappelle le serment prêté aux États le jour de son sacre ; on le rend responsable de ses démarches. En même temps on vote une proclamation aux catholiques pour leur faire accepter le mode d’agir du Grand Conseil et de l’autorité cantonale. Les curés furent obligés de lire en chaire cette proclamation qui attaquait si violemment les droits de l’Église. Ceux qui s’y refusèrent furent déposés, arrêtés, mis à l’amende: les étrangers au canton expulsés d’Argovie. Le tribunal de Mûri osa même citer à sa barre Mgr Salzmann qui n’eut garde de

1 Archives de l’évêché de Bâle.

Page 1