‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 502 sur 612 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

rapport fort érudit l'adoption des fameux articles. L’ami de la justice, journal catholique fondé à cette occasion à Porrentruy, défendit courageusement les droits de l’Église si audacieusement attaqués.

En Argovie, les débats au sujet des articles de Baden donnèrent lieu à des discussions très animées. Mgr Salzmann que la révolution cherchait toujours à représenter au peuple comme lui étant favorable, se prononça énergiquement contre les fameux articles. 11 fit au gouvernement argovien la déclaration suivante: „Ces fausses interprétations données à ma conduite m’obligent à rompre le silence. C’est pourquoi je déclare que, loin d’admettre les articles de Baden, je les désapprouve, comme tous les évêques catholiques ont de tout temps et constamment réprouvé des pareils articles, que je me pourvois solennellement contre eux et que je réserve la juridiction et les droits du siège épiscopal de Bàle et de la Sainte-Église. Tout le monde sait que la surveillance et la direction de l’instruction religieuse catholique et des livres qui la concernent, appartiennent à l’évêque. A Dieu ne plaise que je veuille suspecter les lumières et la piété du conseil ecclésiastique. Mais comme tous les membres sont nommés par l’État seulement, sans aucune participation de l’Église, il ne peut jamais être considéré comme une autorité ecclésiastique; il est et reste toujours une autorité civile à laquelle il n’appartiendra jamais de juger validement si quelque chose est conforme au dogme ou à la morale catholique, ou s’en éloigne. “

Cette protestation adressée par Mgr Salzmann au Grand Conseil d’Argovie lui fut renvoyée par celui-ci de la manière la plus injurieuse. Mais elle n’en reste pas moins comme un témoignage éclatant de la parfaite orthodoxie de l’évêque de Bàle, que des éloges pompeux donnés quelquefois à ce prélat par les feuilles radicales, auraient pu faire considérer comme pactisant avec les principes de la conférence de Baden. Les articles continuaient à agiter les États diocésains. Lucerne, Argovie, Saint-Gall se débattaient au milieu de difficultés inextricables. Le nonce du Saint-Siège, Mgr de Angelis, est chassé de Lucerne et se réfugie à Schwytz (14 novembre 1835). A Saint-Gall, le Grand Conseil vote les articles de Baden, mais le peuple, par dix-huit mille voix de majorité, les rejette. A Lucerne, le peuple était unanime pour repousser le concordat schismatique, Steiger et les deux Pfiffer l’imposent au Grand Conseil. Dans cette même ville de Lucerne, un professeur de théologie, M. Christophe Fuchs, avait adopté la doctrine de son frère Aloyse Fuchs, curé de Bapperschwil, qui avait été condamnée par le Saint- Siège. L’évêque destitua pour ce fait le professeur qui fut soutenu par son gouvernement et maintenu dans ses fonctions. L’évêque tint bon et déclara qu’il ne recevrait à l’ordination aucun des élèves de Christophe Fuchs. Le gouvernement dut céder; le professeur se rétracta et à cette condition seulement, il garda sa chaire de théologie.

Dans l’Argovie, l’agitation va croissante. Toutes les paroisses catholiques de ce canton se soulèvent, à propos d’un ordre donné aux curés de lire en chaire une proclamation du gouvernement, ordre qui ne fut point exécuté. L’État irrité destitue d’un seul coup tous les curés récalcitrants. L’évêque proteste. Le gouvernement maintient sa première mesure et il est approuvé par le Grand Conseil qui somme le prélat de reconnaître la légalité de cette destitution en masse. En cas de refus, Mgr Salzmann est menacé de voir son traitement retiré et l’Argovie se séparer du diocèse. L’évêque reste inflexible. Dans son embarras, le

EVEQUE DE BALE

Phototyp. Charles & Nicolas Benziger frères, Einsiedelu.

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