‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 505 sur 612 · MORT DE M. LE CURE CUTTAT · texte numérisé non relu

MORT DE M. LE CURE CUTTAT

commencement de janvier 1837, comme administrateur provisoire de Porrentruy. Une pétition couverte des signatures les plus honorables, fut aussitôt portée à Mgr Salzmann pour lui demander de nommer administrateur M. le supérieur Buchwalder, jusqu’à définition de la cause du pasteur légitime. Mgr l’évêque reçut fort mal cette demande et les journaux reproduisirent bientôt sa réponse où il exprimait la douleur que lui causait l’opposition faite à M. Varé, comme administrateur provisoire. „Si on continuait cette opposition, disait-il, son serment l’obligerait à dénoncer au gouvernement les démarches des opposants."

Vers le même temps, l’évêque recevait de Berne une communication du gouvernement qui l’informait que MM. Cuttat, Spahr et Bélet avaient perdu sa confiance et que jamais il ne consentirait à ce qu’ils exerçassent désormais des fonctions pastorales sur la territoire de la République (8 avril 1837). Cependant le tribunal de Porrentruy rendant son jugement dans l’affaire de MM. Cuttat, Spahr et Bélet, après une éloquente défense de ce dernier qui seul parut à la barre, acquitta complètement les trois prévenus (4 juillet 1837) h La cour d’appel confirma ce jugement en avril 1838, exceptant cependant M. Spahr qu’elle condamna, comme gérant de l’Ami de la justice ; à cinq années d’emprisonnement et à la moitié des frais du procès. M. Cuttat ne vécut plus que quelques mois après cet acquittement solennel. Se voyant repoussé de son pays par le gouvernement bernois, il avait accepté la charge d’aumônier de la maison des Ursulines de Montmartin que l’archevêque Mathieu lui avait proposée. Mais, la veille de son départ projeté de Colmar, le 6 novembre 1 838, il fut pendant la nuit saisi par d’affreuses suffocations et il expira au milieu des pleurs de la famille Kohler qui depuis le 18 mars 1836 lui avait accordé la plus généreuse hospitalité. La nouvelle de cette mort fut un deuil véritable pour Colmar et pour tous les environs. Tout le clergé de la ville et celui des campagnes à cinq lieues à la ronde, plus de cinquante prêtres assistèrent à ses funérailles qui furent les plus solennelles. M. Cuttat fut inhumé au cimetière de Colmar, non loin du monument élevé au général Rapp. Dans le Jura, à Porrentruy en particulier, la mort de ce saint confesseur de la foi, excita de profonds regrets. Le parti catholique venait de faire une perte également cruelle, celle du vaillant rédacteur du journal catholique, /’ Observateur du Jura , M. l’avocat Vautrey, mort sur la brèche, victime des attaques incessantes des ennemis de la cause qu’il défendait si bien (30 mai 1838).

Mgr Salzmann nomma M. Yaré curé-doyen de Porrentruy contre le gré des zélés catholiques de la paroisse qui durant plusieurs années se tinrent éloignés des offices paroissiaux.1 2 Dans une lettre adressée au clergé d’Ajoie le 27 juin 1836, l’évêque l’informa qu’il avait exposé au Saint-Siège le 2\ du même mois les raisons très graves qui l’avaient déterminé à suivre cette ligne de conduite. 3 * * * *

1 M. Cuttat mourut à Colmar chez M. X. Kohler en 1838. — M. Spahr devint curé de Wattwiller où il est mort en mai 1855. — M. Bélet occupa à Vienne un préceptorat, puis fut aumônier du 4e régiment suisse, au service de Naples; en 1855. curé de Grandfontaine dans le Jura. Il est camérier secret

du S. Père. = 2 Nous avons recueilli tous les documents, qui regardent cette période si agitée de l’histoire

contemporaine. C’est d’après ces pièces authentiques qu’il serait trop long de citer, que ce récit a été

fait. Mgr Bélet, dans ses Mémoires, a raconté très en détail les événements si intéressants de cette époque. Nous y avons puisé plusieurs pages. — 8 „ . . . Vobis per confidentiam eommunico episcopum, quem licet

indignissimum Spiritus Sanctus posuit regere Ecclesiam Basiliensem, sub S21ma'Junii Bomam scripsisse

rationes gravissimas ob quas haud aliter agere potuerit quam ex officio sui muneris reapse egerit. Curate

ut harmonia inter impei’ium ac sacerdotium conservetur. Id si feceritis optime Ecclesiæ Dei consulue-

ritis . . . “ De notre collection.

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