‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 525 sur 612 · MI!R LACHAT, ÉVÊQUE DE BALE · texte numérisé non relu

MI!R LACHAT, ÉVÊQUE DE BALE

Toutefois, les accents de sa parole se faisaient aussi entendre hors de cette étroite enceinte. Aux jours des grandes solennités célébrées dans les paroisses voisines, les curés aimaient à rehausser l’éclat du culte par l’éloquence si distinguée du jeune orateur. En Alsace, sur ce nouveau théâtre, il retrouva les soldats, pour lesquels il avait une prédilection toute particulière et auxquels il prodiguait les soins les plus empressés.

Mgr Ræss, évêque de Strasbourg, pour prouver son estime envers le supérieur du pèlerinage des Trois-Épis et l’attacher à son diocèse, lui avait offert un poste dans la ville de Giromagny.

Cependant, quoique longtemps éloigné de son pays, l’abbé Lâchât n’avait pas perdu le souvenir de la patrie absente. Ce sentiment restait vivace et profondément enraciné dans son âme. Vivant depuis six ans pour ainsi dire aux portes de son pays, cette proximité ne faisait qu’enflammer en lui le désir de revenir parmi ses compatriotes et les amis de son enfance. Depuis quelque temps, ii aspirait à franchir la faible distance qui le séparait du sol natal. Enfin en 1850, les nobles aspirations qui remuaient son cœur, reçurent leur légitime satisfaction. Nommé par Mgr Salzmann curé à Grandfontaine, il prit possession de cette paroisse le 7 juin de la même année.

Peu de temps après s’ouvrit le grand jubilé. Cette circonstance fournit à l’ouvrier évangélique l’occasion de déployer toutes les ressources de sa science et toute l’activité de son zèle. Tout vrai jurassien doit se rappeler avec plaisir les succès éclatants de cet orateur nouvellement rentré dans le sein de sa patrie. Il fut appelé par M. Varé, alors curé-doyen, à prêcher le jubilé à Porrentruy. Aux premiers accents de cette voix harmonieuse, la multitude accourait, s’empressait, recevait avidement chacune de ses paroles : elles excitaient le saisissement, l’émotion, les larmes; elles opéraient les plus subites conversions.

Nous ne décrirons pas ici toutes les laborieuses stations que le zélé missionnaire a faites dans les paroisses du Jura et dans celles du diocèse de Besançon. Il suffit de dire que partout sa parole remuait les cœurs, réveillait et réchauffait les âmes et les poussait vers le bien. Pendant les quelques années que M. le curé Lâchât passa dans la paroisse de Grandfontaine, il fut souvent appelé par ses confrères à prêter le concours de son ministère. C’était, l’homme, pour ainsi dire, indispensable aux grandes solennités.

En 1855, Mgr Arnold le nomma curé-doyen à Delémont, en lui adressant la lettre suivante:

Monsieur le Curé,

Je m'empresse de vous annoncer que je vous ai nommé curé de Delémont. Je viens d’envoyer l’acte de la nomination au gouvernement de Berne. J’ai agi d’après des conseils que mon devoir et ma conscience ont dictés, et j’espère que le bon Dieu, à la volonté duquel vous étiez toujours soumis, vous accordera toutes les grâces dont vous avez besoin pour cette nouvelle mission, et qu’il vous en récompensera un jour au ciel.

Agréez, Monsieur le curé, l’assurance de mon respect le plus profond,

Soleure, le 16 juillet 1855.

votre très dévoué, f CH AB LES, evêque de Bâle.

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