CHAPITRE XLII
commença ses tournées pastorales par le canton de Lucerne. Neuf ans s’étaient écoulés depuis la dernière visite pastorale faite par Mgr Arnold. Son successeur entreprit, aussitôt après son sacre, cette tournée assez pénible dans le vaste diocèse de Bàle. Avec une sollicitude toute paternelle, Mgr Lâchât visita, une à une, toutes les paroisses, franchissant les distances, affrontant les plus grandes fatigues, pour remplir exactement ce devoir si grave de sa charge pastorale. Reçu partout avec le plus grand empressement, il donnait la confirmation, faisait un examen attentif de chaque paroisse et accomplissait en tous ses points la discipline de l’Église en cette importante matière. Durant les mois de mai et de juin de l’année 1864, le vénérable prélat visita toutes les paroisses du canton de Lucerne ; en septembre et octobre, celles du Jura. En 1865, en mai et juin, ce fut le tour du canton de Thurgovie ; en septembre et octobre, de l’Argovie. Soleure, Bàle et Zoug eurent la visite pastorale en 1866. Le nombre des confirmés, durant cette première tournée, dépassa soixante mille.
Un des premiers actes du nouvel évêque de Bàle avait été de compléter le Chapitre de sa cathédrale, qui depuis longues années comptait des vides nombreux. Le canton d’Argovie s’obstinait à laisser vacantes les trois prébendes de chanoines auxquelles il avait droit de pourvoir d’après le concordat. Chaque fois que le Chapitre, usant de son droit, présentait au gouvernement argovien une liste de six noms entre lesquels l’État pouvait en rayer trois, le gouvernement rayait les six. A la mort de Mgr Arnold, Argovie n’avait qu’un chanoine, au lieu de trois, pour représenter le canton dans le Chapitre chargé de l’élection de l’évèque de Bàle. Dans l’espérance de combler ce vide, le gouvernement argovien avait fait ajourner l’élection; mais la nomination des chanoines d’Argovie étant, par la bulle de Léon XII, réservée à l’évêque de Bàle, on dut attendre l’installation du successeur de Mgr Arnold, pour pourvoir aux canonicats vacants. Il ne fallut qu’une année à Mgr Lâchât pour combler les vides du Grand Chapitre. La publication d’un nouveau catéchisme était reconnue nécessaire dans un diocèse où chaque canton, pour ainsi dire, avait un catéchisme différent. Malgré de nombreux obstacles suscités par les gouvernements cantonaux, l’œuvre était accomplie, au gré de tous. La question des fêtes dont on réclamait depuis longtemps la réduction, fut aussi l’objet de négociations avec le Saint-Siège. Mgr Lâchât amena, après bien des difficultés, une solution favorable. Sauf le gouvernement de Berne, qui ne voulut pas reconnaître l’autorité du Saint-Siège, relativement à la suppression des fêtes, et qui la trouva insuffisante, les autres cantons diocésains acceptèrent cette réduction. L’évêque de Bàle ne put l’annonçer à son diocèse qu’en septembre 1866 par une lettre pastorale très bien adaptée à ce sujet.
Le 1 1 juin 1864 fut signée entre le Saint-Siège et l’État de Berne une convention qui incorporait au diocèse de Bàle toute la partie du canton de Berne qui n’avait point été comprise dans les stipulations du concordat de 1828. L’article le plus important de celte convention dispose ainsi: „L’État de Berne fixera aux curés un traitement annuel convenable, et aura soin de porter celui du curé de la ville de Berne à un taux correspondant aux exigences de sa position, comme aussi de le pourvoir d’allocations suffisantes pour un vicariat." A côté de la signature du nonce Bovieri, on lit sur ce document les noms de MM. P. Migy, X. Stockmar, et. J. J. Ruminer. Il était sans doute à désirer que le reste du canton de Berne ne fût pas séparé du Jura bernois, quant au lien diocésain. Mais