VEXATIONS EXERCEES PAR LES GOUVERNEMENTS
on doit regretter que la convention du 1 1 juin ne stipule rien sur la reconnaissance officielle de l’évêque de Bâle par la ville fédérale, ni sur les allocations légitimement exigibles pour les frais d’administration ecclésiastique, ni sur le mode de repourvue de la cure de Berne, omission qui devint une arme terrible à l’époque du schisme vieux-catholique. Dans le courant de cette année la cure de Porrentruy étant devenue vacante, Mgr Lâchât usa de son droit de nomination directe et plaça à la tête de cette importante paroisse M. l’abbé X. Hornstein, que sa science et ses mérites désignaient au choix de l’évêque.
A la tin de l’année 1864 parut la célèbre encyclique Quanta cura, du 8 décembre. Elle annonçait le bienfait d’un nouveau jubilé. Le Saint-Père y avait fait annexer un catalogue des principales erreurs modernes, qui est connu sous le nom de Syllabus. Mgr Lâchât, dans un mandement du P 9 janvier 1865, déclara promulguée dans le diocèse de Bâle la bulle pontificale, mais par une prudente réserve que l’on doit mentionner, il évita de donner au Syllabus une publicité non exigée par le devoir de sa charge. Malgré cette sage précaution, on vit les gouvernements d’Argovie, de Bâle-Campagne et de Thurgovie refuser le placet au mandement de l’évêque, et commencer ainsi cette série de vexations dont nous allons entreprendre la douloureuse histoire.
Dès la première ordination des clercs en 1864, l’évêque de Bâle avait montré pour le séminaire diocésain établi à Soleure, la plus tendre sollicitude. Il s’était fait rendre un compte exact de l’enseignement qui s’y donnait; il avait exprimé son désir de voir disparaître les nombreux abus en matière de liturgie, de chant ecclésiastique, de costume des clercs, et sur divers autres points de la discipline du clergé. Mais ces sages desseins furent entravés par une opposition qui eut pour organes les membres de la Conférence diocésaine “. On sait que cette
assemblée, exclusivement laïque, composée des délégués des États diocésains, élevait la prétention de légiférer dans les matières ecclésiastiques et de traiter directement avec l’évêque. Elle se réunissait le plus souvent à Soleure, dans la salle du Conseil d’État, en face de cette célèbre peinture où le bienheureux Nicolas de Fine est représenté opérant la réconciliation des Confédérés prêts cà en venir aux mains.
Il s’était à peine écoulé un an, depuis l’entrée en charge de Mgr Lâchât, que la Conférence diocésaine, composée des délégués de sept gouvernements, demandait cà l’évêque des réponses ou plutôt des solutions sur les cinq objets suivants : 1° le service religieux dans la chapelle du séminaire; 2° les taxes des dispenses pour les empêchements des mariages; 3° le catéchisme diocésain; 4° l’instruction religieuse pour les enfants des écoles; 5° le placetum regium et le denier de S. Pierre. Après avoir reçu communication officielle de ces questions, le 19 janvier, l’évêque de Bâle, dans sa lettre du 1 8 février, avait demandé un temps suffisant pour présenter ses réponses. Le mémoire qui les contenait fut adressé au landammann Vigier, en date du 30 décembre 1865. Le prélat y répond catégoriquement à chacune des questions soulevées. Quant aux dispenses matrimoniales, il établit que le droit de l’Église de poser des empêchements est incontestable; que les entraves apportées à certaines unions constituent une nécessité sociale ; que le diocèse de Bâle a toujours été taxé avec de grands ménagements et avec des réductions successives. La question du catéchisme présente cette difficulté, que la Conférence se réservant le droit de censurer cet abrégé de la doctrine, il se trouve que l’évêque,