‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 534 sur 612 · ANNONCE DU CONCILE DU VATICAN · texte numérisé non relu

ANNONCE DU CONCILE DU VATICAN

Le 22 mai. l’évêque de Bâle, conformément au désir du Saint-Père manifesté par la Lettre du 1 1 avril, ordonna des prières pour le concile, et le 2 août, il donna des instructions sur le jubilé et sur les conditions à remplir pour gagner l’indulgence. On ne saurait assez admirer avec quelle lucidité Mgr Lâchât apercevait déjà à ce moment toute la portée d’une décision conciliaire sur l’infaillibilité du pape et sur la part qu’il comptait prendre à ce grand événement. Comme il fait bien ressortir dans les paroles suivantes la vraie nature de l’auguste assemblée :

«Venant de toutes les parties du monde, les évêques apportent au concile avec leur science, leur expérience et leurs vertus, la connaissance des besoins et des maux de leurs églises particulières, et cela sans d’autre désir ni d’autre préoccupation que le progrès el le triomphe de la vérité, le bien et le salut de leurs ouailles. Où trouver, même humainement parlant, une assemblée plus respectable et qui offre de plus grandes garanties de succès? Ah! mes Fils bien aimés, si votre évêque se rend, comme ses serments et ses devoirs l'y obligent, au concile œcuménique, c’est plutôt pour recevoir la lumière que pour éclairer ses Frères ; c’est pour apprendre les moyens de vous être plus utile, à vous et à vos vénérables prêtres, en maintenant pour tous les principes et les règles que l’auguste assemblée aura reconnus et proclamés; car non-seulement le concile nous offre les plus grandes garanties humaines, comme on vient de le dire, mais encore il est l’interprète du Saint-Esprit, l’oracle infaillible de la vérité, l’autorité suprême, dont les décisions, confirmées par le souverain pontife, sont irréfragables, en sorte qu’elles obligent en conscience tous les fidèles, évêques, prêtres et laïques.

«Quant à votre évêque, il ne manquera pas, si Dieu lui en fait la grâce, d’aller représenter au concile le diocèse de Bâle, cette antique et noble église, comme le firent autrefois ses illustres prédécesseurs dans des circonstances analogues. En remplissant ce devoir sacré, que nous imposent et nos serments d’obéissance au souverain pontife et notre juridiction épiscopale qui nous charge du soin de vos âmes, nous donnerons avec joie à notre vénérable clergé et à nos chers diocésains cette preuve de notre fidélité, de notre dévouement et de notre amour; et nous vous conjurons tous, N. T. G. F., de demander instamment au Seigneur les grâces et la protection qui nous sont nécessaires pour bien nous acquitter de notre importante et sainte mission. “

Avant son départ pour Rome. Mgr Lâchât avait pris soin d’ouvrir dans la ville de Delémont des exercices spirituels qui furent fréquentés par le clergé du Jura, pour le plus grand bien des âmes. En outre, le 12 septembre, le prélat se rendit à Delémont, afin de présider à la magnifique cérémonie du couronnement de la Notre-Dame du Vorbourg. Le pape Pie IX avait daigné le déléguer pour cette fonction. Ce jour-là tout le Jura catholique était rassemblé autour de son premier pasteur. Rien ne saurait retracer la splendeur de la fête, la majesté de la procession qui se déroula sur la colline du Vorbourg, puis l’illumination de la ville de Delémont et les prédications qui se continuèrent pendant l’octave.

Le 30 septembre 1869, Monseigneur avait reçu de la S. Congrégation des Evites l'approbation du Proprium des saints du diocèse de Bàle, qui depuis a été largement utilisée par les diocèses voisins. — Mgr Lâchât partit pour Rome au mois de novembre 1869, et y demeura jusqu’au 20 juillet 1870. Il fut logé au palais du Quirinal, où Pie IX donnait la plus généreuse hospitalité à un grand nombre d’évêques. — Dans le courant de 1868, l’évêque de Râle avait été chargé par ses collègues d’élaborer, conjointement avec Mgr Greith, évêque de Saint-Gai I, une Instruction pastorale sur le mariage civil. Ce travail, publié en 1869, et signé par tous les évêques de la Suisse, 1 fait le plus grand honneur à ses vénérables auteurs. Ony établit que le mariage civil esl anti-chrétien dans son principe,

1 Le mariage chrétien et Je mariage civil. Genève, impv. Pfeffer & Puky, 1869.

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