PROMULGATION DU CONCILE DU VATICAN
notre dernier soupir, nous serons prêts à prouver effectivement à sa bienheureuse paternité nos sentiments d’amour filial, de dévouement sans bornes et d’inaltérable fidélité. “
Fait et signé au mois de novembre 1870. — Les évêques de la Suisse:
Joseph Pierre, évêque de Sion.
Étienne, évêque de Lausanne et Genève.
Nicolas François, évêque de Coire.
Jean Charles, évêque de Saint-Gall.
Eugène, évêque de Bâle.
Le 6 février de l’année 1871, Mgr Lâchât publia hardiment dans son mandement de carême la définition conciliaire de l'infaillibilité du pape. „ L’autorité enseignante dans l'Église, disait le prélat, a un triple caractère, une publicité indépendante, une vérité pure de toute erreur, et enfin une infaillibilité obligatoire pour tous."
Après avoir rapporté les preuves de ce dernier caractère, l’évêque de Bàle ajoutait :
„ A tous ces témoignages déjà si décisifs nous en ajoutons un autre qui, s’il n’a point par lui-même une égale valeur, prouve néanmoins que la foi que nous vous annonçons, a été annoncée et prêchée antérieurement dans notre diocèse, spécialement aux fidèles si nombreux qui, du diocèse de Constance, ont passé sous la juridiction spirituelle des évêques de Bâle. Le synode diocésain de Constance, célébré en 1567, sous l’évêque Marc Siticius, proclame: „ Qu'il est absolument nécessaire de croire, de tenir et d’enseigner, dans toutes les choses qui se rapportent à la foi, ce que croil, tient et enseigne la Sainte Église Romaine, mère et maîtresse de toutes les autres."
„Le concile du Vatican n’a donc rien innové, même dans notre diocèse, quand il a défini, dans sa quatrième session, conformément à la tradition: C’est un dogme divinement révélé, que le pontife romain, parlant ex cathedra, c’est-à-dire lorsque, remplissant la charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit qu’une doctrine sur la foi et les mœurs doit être tenue par l’Église universelle, jouit pleinement, par l’assistance divine qui lui a été promise dans la personne du Bienheureux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que son Eglise fût pourvue en définissant sa doctrine touchant la foi ou les mœurs; et, par conséquent, que de telles définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes, et non en vertu du consentement de l’Église."
Puis, faisant allusion à la terrible guerre de 1870, l’évêque de Bàle en tirait cette éloquente leçon pour ses diocésains ;
„ll est temps, N. T. C. F., de laisser la parole aux événements si graves qui s’accomplissent sous nos yeux. Prêtons l’oreille aux grandes leçons qu’ils contiennent. Les coups de foudre ont frappé tout à nos côtés et les éclats en sont venus jusque sur nos têtes. Ne soyons point sourds à ces avertissements de la Providence. En voyant les ruines qui s’accumulent autour de nous, chacun peut comprendre la vanité des calculs humains et l'empire irrésistible que Dieu exerce sur les événements et les destinées du monde. Un esprit de vertige, avant-coureur des grandes catastrophes, semble s’être répandu dans les conseils des nations. Aux maux de la patrie s’ajoutent les maux de l’Eglise, et tandis que la terre tremble et que les peuples frémissent, des hommes se trouvent qui rêvent, ils le disent publiquement, la destruction de l’Église, du souverain pontificat et de nos institutions catholiques ; on fait entendre tout autour de nous des paroles de menace et d’épouvante. Grand Dieu, que deviendra votre peuple fidèle, si vous permettez le triomphe de l’impiété? Eh bien, l’évêque se taira-t-il? Devra-t-il dire un jour comme Isaïe: „ Malheur à moi parce que je me suis tu!" Nous le disons donc: Ceux qui excitent des divisions, qui s’efforcent par le mensonge et le dénigrement de troubler la paix confessionnelle, qui empoisonnent la jeunesse du venin des doctrines
Étienne, évêque de Bethléem,
abbé de Saint-Maurice.
Gaspard, évêque d’Hébron,
auxiliaire de Genève.
Gaspard, évêque d’Antipatris, auxiliaire de Coire.