CHAPITRE XLI
irréligieuses, qui cherchent à affaiblir l’empire de la religion sur les âmes et qui excitent contre la Sainte Église du Christ le flot populaire, ceux-là sont aussi mauvais citoyens que mauvais chrétiens et ils préparent à la patrie des jours néfastes de deuil et de ruines. “
Ces paroles n’étaient que trop justifiées par le désastre de l’année de Bourbaki, dont les quatre-vingt mille hommes avaient dû être désarmés en se réfugiant sur le territoire neutre de la Confédération. Plus de vingt mille hommes, tant officiers que simples soldats, étaient internés dans le diocèse de Bâle. La ville de Soleure en avait plus de quinze cents. Comme il l’avait fait, en 1868, lors de l’inondation du Rheinthal, Mgr Lâchât exerça envers les soldats français la plus compatissante charité. Il accrédita des aumôniers dans différentes stations d’internés. A Soleure, où se trouvaient en ce moment plusieurs prêtres français, entre autres M. le chanoine Bourquard, délégué pour plusieurs ambulances, Mgr Lâchât visitait les hôpitaux, consolait les nombreux malades atteints de la fièvre typhoïde et de la variole noire, convoquait les soldats à des offices religieux, dans sa cathédrale, et leur distribuait des secours. Chaque soir les serviteurs de sa maison portaient dans les casernes d’innombrables tasses de thé et des petits verres de cordiaux. Quand, au mois de mars 1871, les internés français furent rapatriés, et qu’eut lieu la catastrophe de Colombier, Mgr Lâchât vint, dans cette localité protestante, présider à l’enterrement catholique des vingt et une victimes d’une collision de deux trains et consoler les cinquante blessés.
En octobre 1870, le gouvernement de Soleure avait pris l’initiative de publier cette résolution de la Conférence diocésaine : „Ces décrets du concile entravent le développement de la science, mettent dans le plus grand péril la paix entre les diverses confessions, et portent atteinte aux droits civils des États, des communes el des individus. “ Le D' Widmer, prêtre diocésain, dans une savante dissertation 1 adressée à M. le landammann Vigier, vengeait noblement la doctrine catholique. A Lucerne, l’opposition au concile se manifestait dans une Déclarai ion d’une assemblée tenue à Lucerne , concernant le dogme de V infaillibilité personnelle du pape. Cet écrit, daté du 31 mars 1871, avait pour auteur un ecclésiastique, professeur à l’école de théologie, connu pour le principal rédacteur de la Katholische Stimme, feuille hypocrite, au fond très opposée au concile du Vatican, el appelait une réponse de l’évêque. Cette réponse est consignée dans un Rescrit au Rév. commissaire épiscopal du canton de Lucerne, M. Winckler, dont la constante fidélité et la pure doctrine méritent tous les éloges; il porte la date du t5 avril. L’évêque discute et réfute vigoureusement le début de cette Déclaration conçue en ces termes: „Nous rejetons comme illégitime le décret de l’assemblée du Vatican sur l'infaillibilité personnelle du pape et son pouvoir absolu, et nous le tenons pour nonobligatoire au for de la conscience. “ Plus loin les auteurs de la Déclaration expliquaient leur pensée: „Nous rejetons ces décrets, disaient-ils, parce qu’ils érigent en articles de foi tous les enseignements donnés jusqu'ici par les papes, et en particulier le Syllabus publié en 1864 . . . etc.“
L’évêque de Bâle montrait sans peine que les membres de l’assemblée en question et leurs délégués pouvaient difficilement se donner pour des catholiques; il expliquait charitablement leur erreur en disant:
lias Vaticanisehe Concil und die Diôcesan-Conferenz. Luzern, 1870, bei Gebr. Raber.