‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 544 sur 612 · CHAPITRE XLIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIT

pour votre vénérable personne, comme aussi une réparation des outrages par lesquels on a si souvent et si profondément blessé votre cœur paternel.

„ Comme vous, Monseigneur et bien-aimé Père, le clergé et le peuple d’Argovie ont la ferme confiance que rien ne sera capable d’arracher les agneaux à leur mère, les brebis au pasteur, et qu’au contraire cette déplorable tentative de séparation n’aura, selon les desseins de la miséricorde divine, d’autre résultat que de resserrer davantage et plus profondément le lien sacré qui unit l’évêque au troupeau que Dieu lui a confié.

Au nom de la Conférence générale du clergé catholique d’Argovie. “

Baden, le 23 mai 1871.

Le bureau: J. Huber, chanoine et prévôt du chapitre de Zurzach, président.

Iv. Herzog, doyen et curé de Wegenstetten, vice-président.

J. K. Rohner, trésorier, curé à Sarmenstorf.

M. Rirghmeier, trésorier, curé à Lunkhofen.

S. Ant. Rohn, doyen et curé à Rohrdorf, secrétaire.

En juin 1871, les évêques de la Suisse publièrent une Instruction pastorale collective sur V Infaillibilité du suprême magistère du pontife romain. A peine la lecture des décrets du concile avait-elle été faite aux évêques assemblés à Rome que les Révérendissimes cardinaux présidents élevèrent une protestation contre les fausses interprétations et les calomnies que l’on répandait déjà à cette époque contre le dogme récemment proclamé. Les évêques de la Suisse protestent aussi contre ceux qui prennent le nom de vieux-catholiques et professent des nouveautés, en refusant d’obéir au concile du Vatican. Ils examinent ces trois questions:

l'e Question: Y a-t-il eu au concile du Vatican une vraie définition dogmatique? — La réponse est donnée par le pape lui-même, le 16 juillet 1870. „Les décrets et les canons qui sont contenus dans la constitution qui vient d’être lue, ont reçu l’assentiment de tous les Pères, excepté deux ; et Nous, avec l’approbation du saint concile, nous fixons le texte des uns et des autres, tel qu’il vient d’être lu, et par Notre autorité apostolique Nous les confirmons. “

IL Question: Que nous enseigne le concile sur V infaillibilité du suprême magistère du pape? — Les évêques répondent : „Si les besoins de l’Eglise amènent les successeurs de S. Pierre à se prononcer du haut de leur chaire sur des questions, des erreurs ou des doutes qui se sont produits dans les matières de foi et à donner un enseignement qui s’adresse à l’Église universelle, le témoignage qu’ils rendent alors à la vraie doctrine n’est pas exclusivement le résultat de leur sagesse purement humaine, qui est certainement sujette à l’erreur; mais ils définissent la vraie doctrine de la foi avec l’assistance particulière d’un Dieu < j ni ne peut ni se tromper, ni permettre que ses organes se trompent et induisent ainsi en erreur l’Église universelle. La dispensation du secours de Dieu est ainsi établie, dit S. Léon, que la force passe du Christ à Pierre et de Pierre aux autres apôtres (p. 19).“

IIP Question: Qu’ est-ce que n' enseigne pas le concile du Vatican? — „Tout d’abord, il n’enseigne pas une doctrine nouvelle, ni une infaillibilité attachée à tout ce que dit et fait la personne du pape. Le pape n’est infaillible ni comme homme, ni comme savant, ni comme prêtre, ni comme évêque, ni comme prince temporel, ni comme juge, ni comme législateur. Il n’est point impeccable dans sa vie et dans sa conduite ... il est infaillible uniquement et exclusivement quand, en qualité de Docteur suprême de I Église, il prend, en matière de foi et de mœurs, une décision qui doit être acceptée et tenue comme obligatoire par tous les fidèles (p. 34).“

Tel est le résumé de cette magistrale instruction qui excita dans l’univers catholique, et particulièrement en France, un sentiment de profonde et légitime admiration.

A mesure que le gouvernement d’Argovie s’avançait dans la voie de l’arbitraire, les évêques de la .Suisse, se groupant et se serrant plus étroitement autour de la

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