‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 549 sur 612 · RÉPONSE DE L’ÉVÊQUE A CES SOMMATIONS · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE L’ÉVÊQUE A CES SOMMATIONS

les accusations que l’on accumule contre moi les unes sur les autres comme une montagne. Au milieu de différents gouvernements; le soussigné a marché partout et toujours dans la voie la plus étroite de la légalité. A-t-on de même respecté ses droits, son indépendance, sa liberté? A-t-on respecté le droit public qui garantit le libre exercice de la religion catholique? Non. L'évêque de Bâle a, dans certains cantons, des prérogatives électorales que les traités lui confèrent et qu’il a héritées de ses prédécesseurs. On doit comprendre qu’un grave devoir l’oblige à maintenir ses droits et à les transmettre à ses successeurs. On comprend qu’il ne peut en disposer librement, ni les livrer à l’injustice sans trahir et l’Église et son siège. Il a, parmi ses droits, la collation des bénéfices ecclésiastiques ou la nomination des curés dans le Jura bernois et dans le Birseck, canton de Bâle-Campagne. Si donc je maintiens par un devoir sacré de ma charge épiscopale ce droit inaliénable, si je repousse les atteintes qu’on s’efforce d'y porter, qui pourrait m’en faire un crime? D’un autre côté, respectant les droits d’autrui dans tous les cantons, je n’ai jamais contesté aux paroisses, ni directement ni indirectement, leurs prérogatives électorales, et jamais je ne les ai froissées, ni de près ni de loin, par aucun empiètement. Si donc je me suis constamment tenu dans les limites tracées par les traités ou par le droit positif, ne suis-je pas autorisé à dire que c’est par une suprême injustice qu’on m’accuse de violer les principes de la législation de la plupart des États?

Cependant personne ne doit s’étonner de ces choses, quand on entend la Conférence diocésaine m’accuser d’avoir violé le serment prêté le jour de mon sacre. C’est avec une profonde indignation, Messieurs, cpie je proteste contre cette accusation la plus injurieuse et la plus outrageante que l’on puisse faire à un évêque. Ni la dignité que j’ai dans l'Église, ni l’honneur de mes prêtres et de mes diocésains fidèles, ni le soin de ma réputation ne me permettent de supporter en silence le sanglant affront que l’on s’efforce de m’infliger dans un document officiel. Encore une fois donc, je repousse de toute l’énergie de mon âme l'indigne outrage dirigé contre ma personne.

Quant aux dispenses, j'ai suivi sans innovation ni changement la règle de mes prédécesseurs. Je me trompe cependant: s’il y a eu des modifications dans les dispenses ordinaires, elles sont à mon désavantage. Dans les empêchements de consanguinité et d’affinité, le Saint-Siège a seul le droit de dispenser. Devrais-je donc substituer ma volonté ou celle de mes accusateurs au jugement suprême de mon chef vénéré profondément et de mon Père tendrement aimé? Toutefois j’ai demandé et obtenu sous ce rapport des réductions considérables, surtout en faveur des pauvres : on m’en récompense par une singulière reconnaissance.

Voilà, Messieurs, ma réponse sur les considérants de votre décret. Quant aux articles dispositifs, il n’est pas clair que vous exigiez une justification. Quoi qu’il en soit, j’ai l'honneur de vous soumettre les observations qui suivent:

1" Un évêque ne peut jamais se soumettre à une défense quelconque, de quelque part qu’elle vienne, d’enseigner les vérités et les dogmes de la foi. J’espère, Messieurs, que le simple bon sens vous suffira pour le comprendre.

2° Les censures ecclésiastiques ne sont en réalité que le retrait de pouvoirs et de droits concédés gratuitement. Elles ont pour fondement et pour règles les lois canoniques. Et puisque l’évêque peut et doit de sa seule autorité juger le prêtre qui attaque la doctrine de l'Église et trahit les devoirs de son ministère, il s’en suit qu’il a le droit d’appliquer librement et sans le concours de l’autorité civile les censures ecclésiastiques. S’il livrait ce droit, s il se laissait ravir cette liberté, qui ne condamnerait sévèrement une si lâche désertion? Au demeurant, les censures ne sont et ne doivent être prononcées que dans le cas d’extrême nécessité; et le père spirituel qui frappe un fils égaré, ne peut qu’en avoir le cœur navré de douleur.

3° Vous ne voulez pas, Messieurs, que l’évêque de Bâle prononce sans votre consentement aucune destitution ecclésiastique dans aucun cas, pour quelque motif que ce soit. Cependant le pouvoir temporel a, dans mon diocèse, destitué plusieurs curés; non-seulement sans le consentement du pouvoir spirituel, mais contre ses protestations réitérées; et les prêtres ainsi frappés édifiaient l'Église par la fidélité à leurs devoirs, tandis que les protégés des gouvernements sont traîtres à leur ministère. Quand un évêque éloigne

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