‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 556 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

mes démarches, depuis que je suis évêque comme auparavant, n’ont tendu qu’au bien et au salut de la patrie, à laquelle je suis attaché par le fond de mon cœur. Dans cet amour filial que je conserve pour mon pays et pour ses institutions, comme aussi au point de vue du droit chrétien, je déclare que malgré les procédés agressifs et iniques de plusieurs gouvernements, je n’en demeure pas moins soumis à l’autorité, dans toutes les choses de la vie civile, plein d’obéissance et de respect pour elle; et que je persisterai dans la voie suivie jusqu’ici de maintenir et de fortifier les fidèles du diocèse de Bâle dans l’emploi de tous les moyens légaux et dans des sentiments de respect pour l’autorité qui leur commande. Je ne repousse aucune entente, aucune main tendue pour la réconciliation ; mais aussi je suis déterminé, comme c’est mon devoir, ou de me tenir debout et d’agir comme un vrai et fidèle évêque catholique, — ou de tomber, s’il le faut, comme le bon pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. A la garde de Dieu !“

Recevez, Messieurs, la nouvelle expression de ma considération distinguée,

Sol eure, le 4 février 1873. Votre très humble serviteur,

f EUGÈNE, évêque de Bâle.

En même temps qu’il protestait devant les gouvernements des cinq États de la Conférence, l’évêque de Bâle s’adressait aux Grands Conseils de ces mêmes États et aussi au Haut Conseil fédéral, par un recours en date du 8 février 1873.

Monsieur le Président, Messieurs.

Je prends la liberté de vous adresser ma protestation contre les décrets de la conférence diocésaine du 29 janvier, en vous priant de vouloir bien en prendre connaissance, et en recommandant ce document à votre attention bienveillante. La gravité exceptionnelle des circonstances justifiera suffisamment ma démarche auprès de vous. Mais je dois en outre déposer une plainte formelle auprès des hautes autorités fédérales en raison du procédé dont on a usé à l’égard de l’évêque de Bâle, du clergé et du peuple catholique des cantons appartenant au diocèse de Bâle ; — un procédé inouï dans un État chrétien bien réglé ; procédé dont les auteurs et les exécuteurs sont dépourvus de toute compétence légitime, — violant les constitutions cantonales aussi bien que la constitution fédérale, — compromettant l'honneur de notre République et contenant le péril prochain d’un trouble profond de la paix entre les citoyens, ainsi que dans les rapports de bienveillance mutuelle entre les deux confessions religieuses de notre patrie . . .

L’espace nous manque pour donner intégralement cette protestation, qui n’est pas moins remarquable que la précédente.

Cependant la conférence diocésaine se réunit de nouveau le 15 février; 1° afin d’opposer un contre-mémoire à celui que l’évêque de Bâle venait d’adresser au Conseil fédéral; 2° afin de conférer sur le choix d'un administrateur provisoire du diocèse de Bâle, proposition que le Chapitre avait repoussée à l’unanimité par l’organe de M. le prévôt Fiala; 3° afin de conférer sur l’établissement d’un archevêché national, en dehors de toute coopération avec Borne ; 4° enfin, il fallait obtenir des cinq gouvernements opposés à l'évêque une défense au clergé, d’entretenir aucune relation avec le „ ci-devant évêque" Lâchât. Cette défense fut en effet intimée au clergé du Jura bernois dès le 1er février, par une circulaire remise contre récépissé à tous les prêtres et à tous les conseils de fabrique du Jura.

Cependant le dimanche, le 9 février, on faisait lecture dans toutes les églises catholiques du canton de Genève d’un bref du pape Pie IX qui instituait Mgr Gaspard Mermillod, évêque d’Hébron, vicaire apostolique pour le canton de Genève. Le gouvernement de Genève avait obtenu du Conseil fédéral un décret qui bannissait Mgr Mermillod du territoire suisse, par ce que cet évêque avait refusé de

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