‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 573 sur 612 · SUPPRESSION DE LA NONCIATURE · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DE LA NONCIATURE

anfractuosités sinueuses, et s’appliquant, sans relâche, à tromper le grand nombre par des ruses perfides, en est enfin arrivée à ce point qu’elle s’élance de son repaire et se vante d’être désormais toute-puissante et maîtresse. Le nombre de ceux qui ont été séduits de la sorte étant devenu considérable, ces sociétés funestes pensent que leurs vœux sont accomplis et qu’elles vont toucher au but qu’elles s’étaient proposé. Ayant enfin obtenu ce qu'elles avaient si longtemps souhaité, d’être, sur plusieurs points, à la tête des affaires, elles ont rassemblé audacieusement leurs forces et toutes les ressources de l’autorité, afin de réduire l’Église de Dieu au plus dur esclavage, de renverser les fondements sur lesquels elle s’appuie, et d’altérer les caractères divins qui font son éclat. Quoi de plus ? Après l’avoir ébranlée par ces assauts répétés, après l’avoir renversée, abattue, on veut l’arracher, s’il est possible, du monde entier. Les chosès étant ainsi, Vénérables Frères, donnez tous vos soins à prémunir contre les embûches et la contagion de ces sectes les fidèles confiés à votre garde, et à retirer de la perdition ceux qui, par malheur, auraient inscrit leurs noms dans la liste de ces sectes. Mais, avant tout, faites connaître et combattez l’erreur de ceux qui, victimes de la fraude ou la voulant répandre, ne craignent pas d’affirmer que ces sociétés ténébreuses n’ont en vue que futilité sociale et le progrès d'une mutuelle bienveillance. Exposez-leur souvent et placez plus haut devant leurs yeux les constitutions pontificales qui traitent de ce fléau, et enseignez-leur que par ces constitutions sont condamnées non-seulement les sociétés maçonniques instituées en Europe, mais toutes celles qui sont en Amérique et dans tous les autres pays du globe entier.

Au reste, Vénérables Frères, puisque nous vivons en des temps qui nous donnent beaucoup à souffrir, et aussi à mériter, ayons soin avant tout, comme de bons soldats du Christ, de ne pas perdre courage; au contraire, prenant dans la tempête même où nous sommes ballottés le ferme espoir d’une tranquillité future et d’un calme plus complet pour l’Eglise, relevons-nous et relevons avec nous le clergé et le peuple fidèle, nous confiant dans le secours divin et cherchant notre encouragement dans ce très éloquent commentaire de Chrysostôme : ., Les Ilots montent, dit-i I , la tempête menace, mais nous ne craignons pas d’être submergés, car nous sommes établis sur la pierre. Que la mer sévisse, ëlle ne pourra dissoudre la pierre; que les Ilots se dressent, ils ne pourront engloutir la barque de Jésus. Rien n’est plus puissant que l'Église. Elle est plus forte que le ciel même; Le ciel et la terre 'passeront, dit Jésus-Christ, mes paroles ne passeront pas. Quelles paroles? Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Si vous ne croyez pas aux paroles, croyez aux faits. Que de tyrans ont tenté d’opprimer l'Église! Que de bûchers, de fournaises, de dents de bêtes, de glaives acérés ! Et ils n’ont rien pu ! Où sont ses ennemis ? Ils sont livrés au silence et à l’oubli. Et l'Eglise, où est-elle? Elle brille avec plus d’éclat que le soleil. Ce qui était de ces hommes a péri. Ce qui se rapporte à l’Église est immortel. Or, si les chrétiens, quand ils étaient si peu nombreux, n’ont pas été vaincus, comment pourriez-vous les vaincre quand l’univers entier est plein de leur religion ? Le ciel et la terre passeront; mes paroles ne passeront pas. “ (Hom. ante exil. n. I et 2.) C’est pourquoi, sans nous laisser émouvoir par aucun péril et sans hésiter en rien, persévérons dans la prière, et efforçons-nous d’obtenir que tous nous fassions nos efforts pour apaiser la colère céleste provoquée par les crimes clés hommes, afin que si le Tout-Puissant se lève enfin dans sa miséricorde, il commande aux vents et fasse la tranquillité.

En attendant, Vénérables F rères, et comme témoignage de Notre spéciale bienveillance, Nous vous accordons du fond du cœur la bénédiction apostolique à vous, à votre clergé et à tout le peuple confié aux soins de chacun de vous.

Donné à Borne, près Saint-Pierre,

le 21 novembre, l’an du Seigneur 1873, de Notre pontificat le 28°.

PIE IX. Pape.

Il importait à la gravité de cette histoire de rapporter ici ce jugement rendu pour l’immortalité sur les événements que nous avons racontés. Les pouvoirs publics de la Suisse ne sont pas épargnés par le courageux pontife, aussi la réponse

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